| Jeannot Krecké, Jean Asselborn et Jean-Claude Juncker: le trio sera-t-il reconstitué? (Photo: archives © SIP/Nicolas Bouvy) |
Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 17.07.2009 0:00
Gouvernement: ça se précise!
Il aura donc fallu un bon mois pour que les deux partis de la coalition, le CSV et le LSAP, parviennent à dessiner les contours du futur programme gouvernemental. C’est, en effet, le 16 juin que s’est tenue la première réunion plénière de négociations entre les deux délégations, fortes de douze membres chacune.
Ce jeudi, à l’occasion de la dernière communication officielle, le formateur Jean-Claude Juncker a annoncé un «quasi-accord» sur le futur programme, seuls «quelques détails» restant à peaufiner. La politique financière, le centre financier, la sécurité sociale, la mobilité, l’économie (y compris énergie, télécommunications et médias), la fonction publique ou encore la simplification administrative font partie des grands dossiers déjà bouclés. Les fameux «détails» concernant de grands enjeux de politique sociétale: les nouvelles formes de partenariat, l’adoption ou encore l’avortement. Des points d’achoppement qui marquent le fossé idéologique traditionnel entre les deux partis et dont on sait bien qu’ils vont certainement au-delà de simples «détails». Toute la question est de savoir jusqu’à quel point les socialistes sauront se montrer fermes sur leurs positions et sur leurs engagements électoraux…
Selon toute vraisemblance, la dernière touche à l’accord de coalition devrait néanmoins être mise ce dimanche. Le lendemain, les deux partis tiendront un congrès extraordinaire (à 18h00 pour les socialistes, au Casino syndical à Bonnevoie, à 19h00 pour le CSV, au Centre civique d’Hesperange), afin de l’adopter et valider la répartition des portefeuilles ministériels. Le parti Déi Gréng, quatrième force politique du pays, a, pour sa part, déjà programmé une conférence de presse le mardi 21 juillet, afin de communiquer sa position relative à cet accord de coalition du nouveau gouvernement.
Vers une dette publique de 39%
Le volet des finances publiques constitue, évidemment, le point le plus sensible de ces prochaines années. Jean-Claude Juncker a indiqué qu’au rythme où vont les choses, l’administration centrale de l’État pourrait afficher un déficit annuel compris entre 1,575 et 2,5 milliards d’euros. Le financement devrait en être assuré par des emprunts qui s’élèveraient alors, au total, à 12 milliards d’euros en 2014. Cela porterait la dette publique luxembourgeoise à 39% du PIB (contre 14% actuellement). Loin, donc, de la limite des 60% imposés par les critères de Maastricht, mais à un niveau jamais connu pour l’économie du pays, plutôt habituée ces dernières années aux excédents budgétaires.
L’ex- (et futur) Premier ministre a indiqué que la priorité serait donnée, avant tout, à un contrôle draconien des dépenses de l’Etat, et non pas aux moyens d’augmenter les recettes. Pas de hausse d’impôts, donc, au menu, pour 2009 ni 2010, et la promesse d’une consultation permanente des partenaires sociaux afin de dégager, systématiquement, un consensus aussi large que possible pour chaque mesure qu’il conviendra de prendre. «Le gouvernement et les citoyens seront sollicités à 150% dans les années à venir. Nous ne réussirons que si nous travaillons ensemble» a précisé M. Juncker.
Schiltz à l’Economie?
Avec quel gouvernement tout cela se mettra-t-il en place? Si le rôle-titre est clairement attribué, établir le reste du casting tient encore, aujourd’hui, essentiellement, des supputations et des pronostics. Seule certitude, annoncée par Jean-Claude Juncker, il y aura quinze ministres (9 pour le CSV et 6 pour le LSAP), et aucun ministre délégué ou secrétaire d’Etat.
Le socialiste Jeannot Krecké conservera-t-il le ministère de l’Economie? Selon «Le Quotidien» de ce vendredi, les discussions auraient été pour le moins houleuses avec le chrétien-social Jean-Louis Schiltz, qui aurait revendiqué ce maroquin. M. Krecké en aurait même claqué la porte des négociations; une information que n’a pas été en mesure de confirmer, ce vendredi, l’attachée de presse du ministère de l’Economie. Jean-Louis Schiltz étant également pressenti à la Justice, on l’imagine mal, néanmoins, tenir à bout de bras ces deux ministères…
Le ministère des Classes moyennes sera-t-il intégré dans le giron du ministère de l’Economie? Cette revendication de longue date des acteurs économiques, qui y voient un grand pas en avant en matière de synergies et de simplification administrative, pourrait avoir d’autant plus de chances de devenir enfin une réalité, que Fernand Boden, le «doyen» du gouvernement, qui détient les clés de ce ministère depuis 1989, est pressenti pour prendre la présidence de la Chambre des députés. Il y remplacerait Lucien Weiler, que d’aucuns voient prendre en mains la fonction de médiateur que Marc Fischbach, en place depuis la création du poste, devrait prochainement quitter.
La socialiste Lydia Mutsch, bourgmestre d’Esch-sur-Alzette, et le conseiller communal chrétien-social de la Ville de Luxembourg Laurent Mosar auront-ils droit à un ministère? Qui remplacera le socialiste Lucien Lux, annoncé partant des ministères de l’Environnement et des Transports? La liste des questions est largement non exhaustive. Les réponses devraient tomber en début de semaine prochaine.

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