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«L’élaboration du plan de continuité peut familiariser l’entreprise avec une démarche de gestion de crise». Thierry Nothum (CLC), (Photo: David Laurent/Wide/archives paperjam) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 20.08.2009 0:00
Les opportunités de la grippe
Personne ne peut nier bien sûr que le virus présente des risques très importants, tant sur le plan sanitaire qu’en termes économiques et d’organisation des entreprises. En se fondant sur les hypothèses de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le ministère de l’Economie et du Commerce extérieur avait alerté la Chambre de Commerce au début de l’été que l’absentéisme pourrait atteindre des niveaux intolérables. «Dans le pire des cas, les experts pensent que le taux d’absentéisme pour raison de maladie pourrait atteindre les 25%. Le taux d’absence pourrait être plus élevé encore, vu que d’autres salariés non atteints de la grippe pourraient rester à la maison afin de soigner un de leurs proches. Un taux d’absence de 40% n’est donc pas irréaliste. Il n’est d’ailleurs pas exclu que tous les salariés d’un même département puissent tomber malades au même moment», confirme la CLC dans une note à ses membres des secteurs commerce, transport et services.
Plan de continuité d’activité
Mais pour se préparer à un tel choc et garantir la santé de leurs salariés, conformément au Code du travail, les entreprises sont invitées à établir un plan de continuité d’activité (PCA) qui pourrait leur être bénéfique, y compris si la grippe s’avérait bénigne. Dans le détail, il s’agit par exemple de constituer une «équipe pandémie» qui comprend toutes les fonctions de l’entreprise et de nommer un coordinateur. L’entreprise doit également analyser ses structures internes en passant au crible son organisation, identifier les services clés, les non-indispensables, les activités qui peuvent être interrompues, exercées depuis le domicile des collaborateurs, ou encore celles qui nécessitent des contacts avec d’autres personnes.
«Ce screening organisationnel peut permettre de découvrir de nouveaux talents ou de nouvelles compétences au sein de l’entreprise, faire comprendre les vertus du télétravail, révéler l’importance de tel ou tel département. L’élaboration du plan de continuité peut également familiariser l’entreprise avec une démarche de gestion de crise, utile dans d’autres circonstances», souligne Thierry Nothum. L’établissement du PCA peut en outre servir d’argument de vente en assurant à ses clients et prospects une poursuite d’une activité normale, quelles que soient les situations.
Au risque de tomber dans le cynisme, on peut aussi imaginer que des employeurs mis en difficulté par la crise puissent profiter de cet audit poussé pour affiner leur plan de licenciement ou pour se séparer de collaborateurs qui, tout compte fait, ne s’avèreraient pas nécessaires à la bonne marche de l’entreprise.
Hygiène
ÉTERNUEZ DANS LE PLI DU COUDE!
Pas de panique! C’est la vitesse d’expansion géographique et non la gravité de la maladie qui a conduit l’OMS à déclarer un état de pandémie. Des gestes simples et petites précautions s’imposent pour en freiner le développement. Les espaces communs des lieux de travail doivent être entretenus et nettoyés de façon renforcée et quotidienne. Pour diminuer la concentration du virus dans l’air, il faut ouvrir régulièrement les fenêtres. En situation de pandémie, le lavage régulier des mains constitue bien sûr un geste de protection. «En cas de toux ou d’éternuement, il faut utiliser un mouchoir ou éternuer dans le pli du coude», recommande le docteur Nicole Majery, chargée de direction médicale au service de Santé au Travail Multisectoriel (STM). Puis, il faut jeter le mouchoir à la poubelle et se laver de nouveau les mains. Le médecin suggère également d’éviter les poignées de main, de maintenir une distance d’au moins un mètre entre les personnes, d’éviter les réunions non essentielles, de préférer les contacts téléphoniques ou par email et de ne pas prendre l’ascenseur. En général, le virus peut vivre jusqu’à cinq minutes sur les mains, 8 à 12 heures sur du tissu ou du papier, 24 à 48 heures sur des surfaces dures comme des rampes d’escalier, des téléphones ou de la vaisselle.

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