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Par: Frédérique Moser  |  Publié le 26.06.2009 0:00

«Le Luxembourg reste un créateur net d’emplois»


Pour Bernard Hensmans, country manager de Monster, le marché du travail luxembourgeois résiste bien à la crise. Mieux, il continue de se développer.

Les indicateurs plongent. Celui de Monster, qui analyse les offres sur le marché du travail dans les pays de l’UE, est en recul de 37,4%, entre mai 2008 et mai 2009.

En regardant dans le détail, les chiffres varient largement d’un pays à l’autre: les Pays-Bas sont les plus touchés, avec une chute de moitié (49,5%) des offres d’emploi. Le Royaume-Uni (-39,8%), la France (-35,2%), l’Allemagne (-23,9%) et la Belgique (-20,5%) voient également leurs marchés du travail frappés par ce recul, «conséquence directe du ralentissement des deux moteurs de la croissance que sont la consommation des ménages et les investissements des entreprises», analyse Monster, le leader mondial de la gestion de carrières en ligne.

Avec une baisse du nombre d’offres d’emploi de près de 40%, sur un an, le Luxembourg subit également de plein fouet les effets de la crise. Mais ici, la situation est nettement plus favorable que dans les pays voisins. «Le Luxembourg reste un créateur net d’emplois, indique Bernard Hensmans, directeur de Monster pour la Belgique et le Luxembourg. Entre avril 2008 et avril 2009, plus de 8.500 emplois nets ont été créés, portant le nombre de salariés à 338.538».

1.160 offres en mai

Même si le taux de chômage a grimpé sur un an (4,2% en avril 2008 et 5,5% en avril 2009),  la croissance de l’emploi intérieur ne se dément pas et les flux de propositions de postes, certes moins abondants, ne semblent toutefois pas près de se tarir. Ainsi, le moi dernier, Monster a reçu 1.160 propositions d’emploi (contre 1.604 en janvier), ce qui porte à 1.400 leur nombre mensuel moyen depuis le début de l’année. «Ces chiffres sont tout à fait corrélés avec ceux des offres déclarées à l’Administration de l’Emploi», souligne M. Hensmans qui y voit, évidemment, le fait que Monster s’avère un outil incontournable pour les recruteurs.

L’analyse de ces offres montre que les recrutements se poursuivent dans les secteurs bancaires, comptables et financiers, malgré les restructurations en cours. En mai, les propositions pour des postes dans ces secteurs représentaient près de la moitié (504) de toutes celles parvenues à Monster. Quant au deuxième secteur le plus porteur, il s’agit des nouvelles technologies de l’information et de la communication (ICT), avec 135 offres. Suivent ensuite les secteurs administratifs, les services juridiques et la construction.

Pôle d’attraction

«Le Luxembourg reste un pôle d’attraction important pour les personnes diplômées et expérimentées, qui viennent notamment de la Grande Région mais aussi, et de plus en plus, d’un rayon bien plus large», note M. Hensmans. La base de données des CV émanant du Luxembourg et de la Grande Région compte ainsi près de 50.000 profils, auxquels s’ajoutent chaque année quelque 6.000 CV de personnes établies en dehors de cette zone.

Le nombre de candidats a-t-il explosé avec la crise qui a durement frappé les zones frontalières? «Nous n’avons pas observé de hausse particulière», assure Sophie Paul, responsable marketing de Monster. De fait, la sophistication du marché de travail luxembourgeois requiert des profils pointus. Les personnes qui viennent de perdre leur emploi dans le secteur industriel en Lorraine, pour ne citer que cet exemple, ont donc bien peu de chances de voir leur CV correspondre aux attentes des recruteurs luxembourgeois.  63% des CV déposés sur Monster le sont par des personnes qualifiées (BAC + 2 minimum) et  15%  correspondent à des profils de dirigeants, cadres supérieurs et managers.

Bien que cela ait été hautement intéressant, Monster ne dispose pas de statistiques permettant de connaître le nombre d’offres ayant transité par le site et qui ont effectivement abouti à un recrutement. «Ce n’est pas notre métier, explique le country manager. Monster a pour principaux objectifs d’ouvrir de nouveaux horizons et d’améliorer les relations entre candidats et recruteurs». Pour mieux les atteindre encore, le site prévoit de mettre à disposition de ses clients recruteurs un nouvel outil breveté, déjà utilisé en Belgique et en Allemagne: le CAN (Career Ad Network). Il permet d’élargir la diffusion des annonces, bien au-delà de la zone primaire d’émission, grâce à un réseau de sites partenaires. Ce nouveau produit sera lancé au Luxembourg en novembre prochain. Selon Bernard Hensmans, le recours à cet outil permet de doubler les taux de réponse, notamment lorsqu’il s’agit de mettre la main sur des profils hautement spécialisés. De quoi attirer toute l’attention des recruteurs luxembourgeois.


 
 
 
 
  



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