| A entendre Gordon Nixon, l’incertitude est grande sur les intentions de Dexia. (Photo: RBC Dexia) |
Par: Nicolas Raulot, à Toronto | Publié le 01.07.2009 0:00
Incertitudes autour de RBC Dexia
Toutes les options semblent ouvertes pour RBC Dexia, la co-entreprise spécialisée dans la conservation et l’administration de fonds d’investissement, aujourd’hui détenue à parts égales par Royal Bank of Canada (RBC) et Dexia. Gordon Nixon, le président et CEO de la première banque canadienne, ne cache pas ses ambitions de développement dans ce métier en Europe, ainsi que dans la gestion de fortune. Il estime que des opportunités pourraient émerger de la crise dans la mesure où les acteurs remettent à plat leur stratégie et la composition de leur portefeuille d’activités.
A l’entendre, l’incertitude est grande quant aux intentions des dirigeants de Dexia, dans la joint-venture dirigée par José Placido dont le siège est à Londres. «Je ne peux pas m’exprimer à leur place, mais ils sont en train d’évaluer chacun de leurs business», souligne Gordon Nixon. Rien ne dit donc que Dexia souhaite poursuivre l’aventure débutée en 2006. RBC Dexia emploie 5.500 personnes dans 16 pays dont plus de 1.500 au Grand-Duché.
Sauvé de la faillite en octobre par les Etats belge, français et luxembourgeois, Dexia a engagé un recentrage qui a déjà conduit à des suppressions de postes et à la cession d’entités jugées non stratégiques, comme la filiale américaine de rehaussement de crédit FSA. Pour Gordon Nixon, les décisions de RBC dans ce domaine dépendent largement de celles qui seront prises par Dexia. Il n’écarte pas non plus l’hypothèse de l’entrée d’un nouveau «partenaire».
Neelie Kroes, commissaire européen chargée de la concurrence, a déjà contraint plusieurs banques allemandes dont Commerzbank et WestLB à réduire leur taille et à céder des actifs, en contrepartie des aides publiques dont elles ont bénéficié.
Du côté de Dexia, aucune information spécifique à ce dossier n’a été communiquée, pour l’heure. «Mais il est vrai qu’actuellement, dans le cadre du plan de transformation et de recentrage sur les métiers de base, toutes les options sont actuellement à l’étude», nous a confirmé, ce mercredi, Tom Anen, responsable des relations Presse de Dexia à Luxembourg.
La banque dépositaire en question
Alors que le système bancaire canadien a bien résisté à la crise, le président de RBC note également que la crise aura des conséquences sur l’exercice du métier des banques dépositaires. L’affaire Madoff et la faillite de Lehman Brothers ont en effet semé le doute sur l’étendue de leurs responsabilités.
UBS, dépositaire de la sicav luxembourgeoise Luxalpha, largement investie dans les fonds de l’escroc américain, condamné ce lundi à 150 ans de prison, a pour l’instant refusé d’indemniser les victimes de la fraude pyramidale. La banque helvétique a fait valoir qu’elle avait explicitement transféré cette responsabilité.
Gordon Nixon a toutefois mentionné le jugement rendu le 8 avril dernier par la Cour d’appel de Paris dans une affaire semblable. RBC Dexia et la Société Générale ont alors été condamnées à restituer, à trois OPCVM de gestion alternative (dont ils étaient dépositaires), les titres pour lesquels la conservation avait été déléguée à Lehman Brothers International. Mais les sommes en jeu étaient alors beaucoup moins importantes: environ 35 millions d’euros au total contre plus d’un milliard dans le cas de Luxalpha.
La Commission européenne a annoncé le 3 juillet le lancement d'une vaste consultation publique sur la fonction de dépositaire d'OPCVM. «Cette consultation tiendra une place importante dans le choix et la définition des mesures que l'Union européenne doit prendre pour remédier aux insuffisances constatées dans le secteur des dépositaires d'OPCVM et améliorer ainsi le niveau de protection des investisseurs d'OPCVM.» a précisé la Commission.

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