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Charles-Antoine de Theux (Villeroy&Boch): «Tout le monde y
perdra si nous ne parvenons toujours pas à un accord»
(Photo: David Laurent)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 10.11.2009 0:00

Première réunion de conciliation


Boch se retrouvent ce jeudi devant le conciliateur. Dans un an, la production sera complètement arrêtée.
Le dialogue social entre dans une nouvelle phase chez Villeroy & Boch Luxembourg, où 230 emplois vont être supprimés d’ici à la fin 2010. La première réunion de conciliation aura lieu ce jeudi.

Cette procédure, prévue dans le droit du travail luxembourgeois, a été enclenchée suite à l’échec des négociations de plan social qui se sont achevées le 28 octobre par une dernière réunion officielle. «Un procès verbal de désaccord a été envoyé à l’Office national de conciliation auprès du ministère du Travail et à l’Adem, pour entamer une nouvelle période négociation qui doit durer deux semaines supplémentaires», explique Charles-Antoine de Theux, directeur de Villeroy & Boch Luxembourg. «Tout le monde y perdra si nous ne parvenons toujours pas à un accord à l’issue de cette nouvelle procédure. Car la loi ne prévoit rien de particulier dans ce cas», avertit-il.

Selon le patron, une des issues possibles serait malgré tout de poursuivre les négociations en dehors du cadre de la conciliation, comme ce fut le cas dans d’autres entreprises industrielles. Sinon, les salariés ne pourraient pas percevoir d’indemnités extra légales et il faudrait procéder, selon lui, par licenciements individuels.

74 euros par mois d’ancienneté

Côté syndical, on se dit pessimiste quant à l’issue du dialogue. La direction a pour l’instant prévu une enveloppe, jugée insuffisante, de 10,6 millions d’euros, dont 4,6 millions d’indemnités extra-légales, soit une moyenne de 20.000 euros par collaborateur. «Cela correspond à 74 euros par mois d’ancienneté. C’est très inférieur aux 100 et 120 euros que nous avions obtenus lors des plans sociaux de 2003 et 2006», compare Gilbert Matarazzo, président de la délégation syndicale. «Le moral des troupes est très bas. Et le taux d’absentéisme pour cause de maladie a beaucoup augmenté ces derniers temps, même si la direction a fait savoir qu’elle jugeait ces absences injustifiées.»

La direction conteste l’approche des syndicats. Elle estime que les indemnités légales des ouvriers ont nettement augmenté avec la mise en place du statut unique au 1er janvier 2009. Elle refuse par ailleurs d’attribuer les indemnités en fonction des mois d’ancienneté des collaborateurs. «Nous trouvons que cette méthode n’est pas équitable. Il est plus juste de raisonner en fonction de la faculté dont chacun dispose de retrouver un emploi (âge, qualifications)», estime Charles-Antoine de Theux. Le dirigeant veut aussi raisonner en termes de coût total pour l’entreprise, en tenant compte des indemnités légales (4,2 millions d’euros), extralégales, des préretraites, des formations, du plan de maintien dans l’emploi conclu en juillet 2009, des mesures de reclassement.

Quoi qu’il en soit, le site manufacturier du Rollingergrund sera complètement arrêté à la fin de l’année prochaine. La première ligne de production sera stoppée mi-juillet, la seconde mi-novembre. Seuls subsisteront à Luxembourg des services généraux, commerciaux, ainsi que des magasins. A terme, l’usine devrait être convertie en logements.


 
 
 
 
  



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