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Jourdan Serderidis

Par: Alain Ducat  |  Publié le 23.10.2009 0:00

Un moteur embarqué


ARHS Developments s’est rapidement positionnée dans le paysage IT au Luxembourg. La société aligne des chiffres émoustillants, pour des perspectives qui ne le sont pas moins. Son fondateur, Jourdan Serderidis, a fait de son modèle un cheval de bataille puissant.
Difficile d’imaginer, a priori, que l’entreprise n’a pas encore sept ans. Les bâtiments sont spacieux, le plateau fourmille de techniciens studieux dans l’open space lumineux. 115 personnes travaillent ici (une cinquantaine d’autres sont à Bruxelles), aptes à gérer 40 à 50 projets IT en parallèle. A Merl, un œil sur l’entrée de la ville, un autre sur la verdure en base arrière, ARHS (Advanced and reliable information systems) Developments a tout d’une grande. Au fait, la graphie du logo renvoie plutôt, ostensiblement, à êta, la septième lettre de l’alphabet grec. Une référence aux origines: Jourdan Serderidis, fils d’émigré grec en Belgique, sait d’où il vient.

Armé d’un diplôme scientifique et d’une spécialisation en géographie économique de l’Université de Liège, l’homme, après quelques premières expériences en Belgique, fixait un ancrage au Luxembourg, en devenant, en 1996, responsable des projets Olivetti pour les institutions européennes, puis sales and marketing manager chez Intrasoft, développée durant deux ans au Luxembourg. Il franchissait un pas, en tant qu’associé bailleur de fonds, avec Cronos. «Nous avons développé une nouvelle filiale luxembourgeoise, qui a eu une succursale à Bruxelles. Sur trois ans, nous avons grandi jusqu’à 200 personnes.»

Mais Jourdan Serderidis rêvait d’être seul à la barre de sa propre affaire. «Au fond de moi, je savais que je créerais ma propre entreprise, et que ça fonctionnerait. C’est un état d’esprit, que l’on appuie sur un cursus mais que l’on forge dans son contexte personnel, dans les valeurs familiales. C’est un moteur personnel très puissant. Cela se travaille et se développe, mais je pense qu’il faut l’avoir en soi à la base.» ARHS naquit en 2003. «Il y avait, sur le marché, une atmosphère de crise. J’avais des contraintes de non-concurrence, par rapport à mon dernier poste. Il fallait repartir sur une base vierge.  Avec la mise de départ, il ne fallait pas se tromper. C’est un peu l’alchimie de l’entrepreneur: savoir prendre des risques mais en ayant bien analysé le risque.»

ARHS s’est glissée dans un créneau précis: le développement IT sur mesure, les logiciels transactionnels, la consultance, la business intelligence. «C’est le modèle de delivery que nous avons développé qui fait la différence. Nos concurrents utilisent des ‘usines de développement’ off-shore, en Asie le plus souvent. Nous sommes partis du centre d’excellence luxembourgeois, en relevant le défi d’être compétitifs sur la très haute qualité technique, avec des prix attractifs et avec une grande capacité en productivité locale. Je suis très fier d’avoir installé un modèle compétitif sur ces bases-là.»

De la croissance à la visibilité

La base humaine y trouve toute sa force, puisée à la matière grise. «Nous pouvons effectuer un recrutement de premier choix, dans les universités de la Grande Région qui nous entourent. Et nous pouvons offrir de bonnes conditions de revenus et de travail, grâce au modèle luxembourgeois.» La proximité devient une valeur en soi, au regard des phases mêmes du métier de développeur. «Le développement, c’est 60%. Mais le reste est très important: les analyses, le testing, la gestion, la mise en production, le suivi personnalisé. Et pour tout ça, être sur place, cela permet de relever tous les défis.»

Le premier a été de s’imposer. «Nous avons démarré à cinq. On a un peu galéré.»  En ciblant les institutions publiques, en démarrant néanmoins avec un contrat dans le privé (pour une institution financière suisse) qui ressemblait à une gageure, ARHS a fait son trou. «Pour une start-up, ce n’était pas simple d’assumer le gros travail en amont qui est nécessaire dans le cas de marchés publics. Avant d’espérer emporter l’appel d’offres, il faut s’investir, sachant que le marché, si vous l’avez, est limité dans le temps. Au début, il faut une grosse dose de travail et de créativité.»

Aujourd’hui, ARHS est en bonne position sur le marché. La moitié de la clientèle se trouve dans les institutions européennes (Commission, BEI…) et est assurée par une série de contrats-cadres de longue durée. ARHS a d’autres références solides, comme le centre informatique de l’Etat luxembourgeois, Axa, Proximus-Belgacom… Le business model a fait ses preuves et la croissance a été exponentielle. Pour 2009, elle s’affiche encore à 20%, avec un chiffre d’affaires de 16,6 millions d’euros. Pour un chiffre d’affaires estimé à 19 millions en 2010, la croissance devrait être de 15% supplémentaires.

Dans ce contexte, être finaliste du Concours de l’entrepreneur de l’année, c’est comme un sourire par-dessus les chiffres. «On ne vit pas de prix et de médailles, appuie Jourdan Serderidis. Mais être reconnu par le monde dans lequel on travaille, cela fait toujours plaisir.  C’est la même chose, au fond, qu’avec des employés particulièrement méritants: il faut pouvoir le dire et récompenser les efforts. Etre sélectionné dans cette opération, c’est déjà une visibilité, pour l’entreprise et, surtout, pour tous les gens qui la font au quotidien.»


 
 
 
 
  



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