| Francois Ruel (Tundra Finance), (Photo: Julien Becker) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 23.10.2009 0:00
Un refuge spéculatif
Pour répondre à cet engouement, la société de gestion québécoise Tundra Finance propose un véhicule sur mesure, le Tundra Capital Gold Fund, dont elle fait une promotion active en Europe depuis plusieurs mois. Commercialisé auprès d’investisseurs qualifiés pour un montant minimum de 125.000 euros, ce Fonds d’Investissement Spécialisé (FIS) luxembourgeois est libellé en dollars canadiens et composé d’actions d’entreprises aurifères, dont la plupart sont cotées en Bourse de Toronto. L’encours du fonds, dont la conservation est assurée par Banque Degroof Luxembourg, reste modeste à ce jour, à environ 5 millions de dollars canadiens (3,2 millions d’euros environ).
Selon François Ruel, président de Tundra Finance, et ancien numéro deux de Desjardins Valeurs Mobilières, l’or peut constituer un rempart, tant dans l’hypothèse d’une fièvre inflationniste que dans celle d’une rechute déflationniste: «L’or est la seule devise qui ne peut s’imprimer. Aucune dette n’y est rattachée. Il s’agit d’un actif défensif en période économique incertaine.» Pour étayer l’hypothèse inflationniste et de dépréciation du dollar américain, le Québécois pointe les dangers de la politique conduite aux Etats-Unis et du gonflement sans précédent des déficits et de la masse monétaire. Le gérant demeure par ailleurs très sceptique quant à la pérennité du rebond boursier actuel, si impressionnant soit-il: «Nous croyons fermement que la hausse des marchés boursiers mondiaux depuis le 9 mars dernier n’est en fait qu’un rebond technique dans la continuité du marché baissier entrepris il y a près de 18 mois. Avec un ratio cours/bénéfices (price earning ratio) d’environ 20, le S&P 500 est surévalué. En effet, un creux de marché se traduit par un multiple d’environ 7 fois les profits depuis ces 100 dernières années. Un renversement de la direction des marchés conduira de nouveau les investisseurs à considérer l’or et les titres aurifères dans leurs stratégies de placement.»
L’envolée de l’or continue néanmoins d’inspirer un grand scepticisme: «Cette flambée peut refléter les craintes inflationnistes et une perte de confiance des investisseurs dans le système de papier monnaie. Cependant, les cours des autres matières premières étant restés plus stables, nous estimons que cette hausse est démesurée», indique Joost van Leenders, spécialiste en stratégie d’investissement chez Fortis Investments.
Même son de cloche du côté de Aurel BGC qui n’hésite pas à qualifier la hausse des cours de «très spéculative» : «Plus que jamais, la hausse de l’or est imputable à une logique financière (la demande d’or financier est en hausse de 46% sur un an), notamment des produits ETF ou Exchange Traded Funds (+1.317,5% sur un an!) qui détiennent à eux seuls 7,9% de l’or mondial». Selon le courtier, le moindre durcissement de politique monétaire pourrait se traduire par une violente correction du métal jaune.

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