| Martin Lammar (OAI), (Photo: Julien Becker) |
Par: Marc Vandermeir | Publié le 23.10.2009 0:00
Le regard des autres sur l’architecte
«Nous avons pensé que, dans la continuité de notre démarche, il nous fallait aussi aborder l’histoire de l’architecture, de l’ingénierie et de l’urbanisme au Luxembourg, poursuit M. Lammar. Cette histoire n’est en effet pas enseignée puisque les étudiants en architecture accomplissent leurs études à l’étranger. Cette histoire-là, on ne la connaît donc pas.» Pourtant, l’une des missions de tout architecte est évidemment de bien intégrer ses projets dans l’histoire et l’architecture locales, que l’on ne peut, jusqu’à présent, que connaître par la visite de musées ou la lecture de livres.
Cette lacune est aujourd’hui comblée par l’OAI. «Cette formation aura aussi un intérêt pour les intervenants eux-mêmes, des historiens, puisqu’ils vont ainsi se confronter l’un l’autre dans leurs approches», précise Martin Lammar. L’OAI attend aussi, à travers ce cycle, de découvrir le regard des autres sur l’architecte. «Ce sera un aspect très intéressant. Au départ, ma demande aux historiens était vraiment l’enseignement de l’histoire. Eux nous ont répondu que ce n’était pas suffisant, qu’il fallait aussi un savoir-faire avec l’histoire. Du coup, tous nos modules de cette formation ne sont plus seulement réservés à l’intervention d’un historien. Dans la seconde moitié, nous faisons toujours intervenir un confrère qui, dans un projet, ici ou à l’étranger, montre comment il a intégré la connaissance de l’histoire dans sa réalisation. Pour nous, c’est intéressant de voir que les autres ont des attentes par rapport à l’architecte.»
Un cinquième cycle de formation en projet
Cela amène le président de l’OAI à constater que, avec les quatre cycles de formation maintenant proposés, c’est, de facto, une académie qui s’est constituée. D’où, d’ailleurs, la brochure Naissance d’une académie que viennent de publier l’OAI et le CRP Henri Tudor. D’autant que d’autres projets sont encore envisagés. Pourquoi, alors, ne pas créer des études d’architecture au Luxembourg même? «C’est une autre étape, répond Martin Lammar. L’université organise une formation en aménagement du territoire. Elle vise à proposer, pour la rentrée 2011, un master en architecture, après que les étudiants ont effectué leurs trois premières années d’études à l’étranger.» Tout cela amène-t-il un nouveau regard sur le travail et le rôle de l’architecte? «C’est un garant de qualité. Mais le rôle de l’architecte ne change pas tellement. Les constructions économes en énergie et les performances des matériaux, notamment, ont une influence sur l’architecture. On ne fait plus la même architecture aujourd’hui que dans le temps. Nous, nous préparons l’architecte à suivre cette tendance. Ce n’est pas l’enseignement en soi qui va changer le rôle de l’architecte ou de l’ingénieur.»
Côté projets, l’OAI envisage un cinquième cycle qui serait d’abord une plateforme de réflexion sur les savoirs, parce que les interventions de l’architecte et de l’ingénieur sont de plus en plus cadrées par des règlements qui, s’ils servent à éviter les fautes, ne sont pas garants de qualité. Ce nouveau cycle aborderait sans aucun tabou des sujets comme le bruit, les couleurs, le cadre de confort, etc. Y compris par une approche critique des règlements et normes.

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