| Jean-Philippe Balon (ING Life): «Je suis arrivé à un moment où il est bon de se remettre en question» |
| (Photo: Luc Deflorenne) |
Place financière | Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 27.10.2009 0:00
Jean-Philippe Balon quitte ING Life
Aucun lien direct, donc, avec l’annonce faite en ce début de semaine, de l’intention du groupe néerlandais de bancassurance de se séparer de ses activités d’assurance. Juste une coïncidence de calendrier.
Agé de 39 ans, Jean-Philippe Balon fait partie de cette jeune génération de dirigeants qui ont encore de belles années devant eux. Entré chez BBL Life Luxembourg en 1995, en tant qu'actuaire, il avait pris, successivement, les fonctions de responsable technique et financier, puis d’attaché de direction. En 2000, lors de la «naissance» de la marque ING (suite à la fusion avec De Vaderlandsche), il avait été nommé directeur d'ING Life Luxembourg. A l’été 2006, alors âgé de 36 ans, il avait pris les fonctions de general manager et dirigeant agréé, succédant à Pierre Voos, en place depuis deux ans, et appelé cette année-là à prendre la direction de ING Trust Luxembourg.
Outre son implication dans le développement de la société, qui a encaissé, en 2008, 134,3 millions d’euros de primes, M. Balon œuvre également beaucoup pour le développement de la place financière en général, en tant que membre du conseil d’administration de l’ACA (Association des Compagnies d'Assurances), au sein duquel il a été réélu, en juin dernier, pour un second mandat. Il préside, en outre, la Commission Internationale Vie au sein de l'association.
Intervention décisive
Il s’était notamment fortement impliqué, au sein d’un groupe de travail spécialement constitué à l’automne 2005, dans la préservation des intérêts luxembourgeois, au moment où un projet de loi en Belgique avait menacé directement des centaines d’emplois dans le secteur au Luxembourg.
L’Etat belge avait en effet préparé une loi prévoyant, outre une taxation de 1,1% des contrats d’assurance vie, l’obligation, pour les assureurs belges, de communiquer à leur fisc, l’identité complète de leurs clients. Ce qui aurait alors condamné les assureurs luxembourgeois à ne plus pouvoir commercialiser leurs produits en Belgique (qui constitue le marché numéro un, avec près de 25% des encaissements réalisés à l’international), le secret professionnel luxembourgeois interdisant une telle communication. Le dossier se conclut finalement avec une loi qui limita l’exigence de communication vers le fisc au seul numéro de contrat.
Selon nos confrères du d’Land, Jean-Philippe Balon sut habilement user de ses relations politiques en Belgique (il est le frère de Jacques Balon, député libéral proche de Didier Reynders, alors ministre des Finances) pour faire modifier le contenu du texte. Une intervention qui lui aurait même valu le surnom de «chevalier blanc» au sein de la communauté financière.
«J’ai contribué pendant 14 années au développement et au succès de ING Life Luxembourg. Je suis arrivé à un moment où il est bon de se remettre en question et de relever de nouveaux défis», nous a-t-il expliqué pour justifier son choix. J’entends mettre à profit mes capacités de rassembleur et de conviction dans une fonction locale diversifiée et maintenir ainsi un contact privilégié avec ce marché de référence qu'est le Grand-Duché de Luxembourg.»

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