Article Voir tout
 
Marc Lauer (Foyer): «Le grand public ne réalise pas qu’en
2050, on risque un déficit cumulé de 190%
du PIB.» (Photo: Julien Becker)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 28.10.2009 0:00

Prise de conscience


Les experts ont bien pris la mesure de la problématique des retraites futures. C’est moins vrai pour le grand public.

De lourdes menaces pèsent sur le système luxembourgeois des pensions en raison de l’inversion de la pyramide des âges. Mais une pleine prise de conscience du phénomène prendra encore du temps. Tel fut l’un des points marquants de la table ronde organisée le jeudi 22 octobre dans le cadre du paperJam Business Club et animée par Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef de paperJam. «Tous les experts sont d’accord sur le fait que notre système de sécurité sociale devra surmonter de gros problèmes. Un groupe de fonctionnaires les a récemment analysés», a rappelé Marc Lauer, COO du groupe Foyer, mais aussi président de l’ACA (Association des Compagnies d’Assurances) et administrateur de l’UEL (Union des Entreprises Luxembourgeoises).

Début juillet, l’UEL avait justement appelé à une réforme urgente du régime général d’assurance pension (aussi appelé premier pilier) et à une remise en cause des taux de remplacement actuels (souvent supérieurs à 75%) pour remédier au choc démographique. «Mais cette vérité est loin d’être partagée par tous. Le grand public ne réalise pas qu’en 2050, on risque un déficit cumulé de 190% du PIB, et encore en se fondant sur des hypothèses optimistes», a insisté Marc Lauer. «On constate que le taux de pénétration des régimes complémentaires (deuxième et troisième piliers, ndlr) est encore très faible, en particulier dans les PME», a ajouté Patrick Schols, CEO de Dexia Life & Pensions.

Pension insuffisante

Tanguy Polet, CEO de Swiss Life Luxembourg a relativisé ce décalage, s’appuyant sur les conclusions d’une enquête réalisée sur Internet et tout juste publiée par la compagnie d’assurances: «La majorité des gens s’inquiète de l’avenir du premier pilier. Beaucoup plus que par le passé en tout cas. Ainsi 64% des personnes interrogées estiment que le montant de leur pension légal sera insuffisant pour assurer leurs vieux jours», a-t-il indiqué.  Curieusement, a-t-il néanmoins reconnu, la prise de conscience est faible chez les collaborateurs les moins bien protégés. «Seulement 45% des répondants qui ne bénéficient pas d’un plan de pension d’entreprise ont pris une décision individuelle destinée à améliorer leur pension»,  a souligné Tanguy Polet. «En revanche, deux tiers des salariés qui jouissent d’une assurance de groupe cotisent également à titre personne.l». Et le dirigeant de conclure, «les plans de pension complémentaires sont donc également un élément d’activation de la prise de conscience», en plus de mieux protéger les cotisants contre le vieillissement de la population.  Mais Marc Lauer a rappelé que tout le monde n’avait pas forcément les moyens d’épargner en vue de bénéficier d’une retraite complémentaire, malgré les incitations fiscales: «Il faut faire attention à la réalité économique. Le Luxembourg n’est pas seulement une place financière.» Selon lui, l’urgence réside donc dans une réforme du premier pilier: «On ne pourra pas passer à côté d’une refonte générale. Il faut agir dans la législature actuelle. C’est la solidarité nationale qui doit jouer.»

 

Retrouvez le reportage photo ICI

Retrouvez ICI l'interview vidéo de Tanguy Polet

Retrouvez ICI l'interview vidéo de Patrick Schols

Retrouvez ICI l'interview vidéo de Marc Lauer


 
 
 
 
  



Publier un nouveau commentaire

Compte classique
Créer un compte utilisateur classiqueSe logguer via un compte classique existant:
Image CAPTCHA