ARTICLE | Par: Jean-Michel Gaudron | publié le 22.01.2010
«Les journalistes et les commentateurs ne se trompent pas quand ils comparent la Tripartite à venir (en février-mars, ndlr) à celle des années 1970», a déclaré, ce jeudi, Robert Dennewald, le président de la Fedil, lors de la traditionnelle et très courue réception du nouvel an des entreprises. «J’ai peur que ce rendez-vous soit encore plus important», a renchéri Jean-Claude Juncker. «Cette crise n’a pas touché un seul secteur comme dans les années 1970 avec la sidérurgie. Elle a touché tous les secteurs dans toutes les régions du monde», a poursuivi le Premier ministre, tout juste reconduit à la présidence de l’Eurogroupe.
Le Comité de coordination tripartite a été institutionnalisé par la loi du 24 décembre 1977. Présidé par le Premier ministre, il repose sur un dialogue entre le gouvernement, les représentants des entreprises et les syndicats en vue de trouver un consensus «à la luxembourgeoise» dans une situation délicate. Le 19 mars 1979, il était parvenu à un accord historique sur la restructuration de la sidérurgie, en évitant de nombreux licenciements.
«Ni la Tripartite, ni les responsables politiques ne décideront du futur taux de chômage du pays, mais ils fixeront un cadre réglementaire qui sera plus ou moins propice à la création ou au maintien d’emplois dans nos entreprises», a fait valoir Robert Dennewald. Si la question des finances publiques et celle de l’assurance pension seront, à n’en pas douter, à l’ordre du jour, c’est bien le sujet de la compétitivité des entreprises qui apparaît comme le plus épineux et le plus urgent.
Car l’économie luxembourgeoise doit mettre toutes les chances de son côté pour pouvoir se diversifier et réduire le poids relatif de son secteur financier. Le plan social chez Villeroy & Boch, le sauvetage de Cargolux et les difficultés rencontrées par de très nombreuses entreprises luxembourgeoises ont mis en évidence les faiblesses structurelles des secteurs exposés à la concurrence internationale, en raison de coûts de production souvent supérieurs à ceux des pays voisins.
L’annonce récente de la fermeture de la brasserie Diekirch a sans doute été celle de trop, la goutte de bière qui a fait déborder le vase, et a marqué profondément les esprits. «Je ne me satisfais pas des propos adoucissants que l’on entend ici et là au sujet de la productivité du Luxembourg», a martelé Jean-Claude Juncker, qui conduit actuellement des entretiens personnalisés avec les partenaires sociaux. «Il n’existe pas de remède miracle pour sortir de la crise. Il faut définir une politique qui mettra l’accent sur le rétablissement de la compétitivité des entreprises et sur la création de l’emploi. Il faut maîtriser l’évolution du coût salarial, il faut continuer à investir dans la R&D, dans les TIC (technologies de l’information et de la communication), dans la formation des salariés et dans les infrastructures au service de l’économie», a recommandé Robert Dennewald, avant de conclure: «Nous sommes condamnés à réussir».