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Laurent Kratz (Jamendo)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 29.01.2010 0:00

Jamendo en sursis


La plate-forme de téléchargement de musique en ligne est au bord de la faillite. Seul un repreneur peut désormais la sauver.
La belle aventure de Jamendo va-t-elle brutalement se terminer au cœur de cet hiver? Privée, en fin d’année dernière, d’un apport d’argent frais, après l’échec d’une levée de fonds espérée de quelque 1,5 million d’euros, la plate-forme luxembourgeoise de téléchargement de musique en ligne, lancée en 2004 à partir du Technoport, est en grandes difficultés financières. «Nous ne sommes pourtant plus très loin du break even, explique Laurent Kratz, co-fondateur et CEO de Jamendo. Si nous augmentions notre chiffre d’affaires de 30.000 euros par mois, nous l’atteindrions même en 2010.»

La société avait, en 2007, obtenu un premier apport financier de la part de Mangrove Capital Partners, qui devait lui permettre de se développer à l’international, notamment sur les marchés de l’Est. La réussite du modèle Jamendo avait même été couronnée au travers du prix Creative Young Entrepreneur Luxembourg de JCI Luxembourg, décerné en 2009 à Sylvain Zimmer, un des trois co-fondateurs de la société (et déjà finaliste l’année précédente).

«Dans le contexte économique actuel, tenter un second tour de table en 2009 était pratiquement mission impossible, reconnaît Laurent Kratz. Nous sommes sur un créneau de contenu en ligne qui est en complète mutation. N’oublions pas que nous sommes une start-up et que très peu de start-up ont réussi dans ce monde du contenu en ligne. Le risque d’échec est inhérent à ce statut.»

Pour l’heure, la quinzaine de personnes employées par la société, licenciées en décembre, sont toujours bel et bien présentes, prestant leur préavis pour faire tourner la plate-forme. «Nous avons toujours été transparents et honnêtes avec tout le monde. Nous leur avons même déjà recommandé à tous de déjà chercher quelque chose ailleurs. Mais tout le monde, y compris les artistes avec qui nous travaillons, se battra jusqu’au bout.»

Quel bout? Les scénarii ne sont pas très nombreux. Soit elle trouve un repreneur – ce à quoi les dirigeants de Jamendo s’activent actuellement –, soit elle met définitivement la clé sous la porte. Et ne demandez pas à Laurent Kratz d’émettre un pronostic sur l’une ou l’autre de ces issues. «J’ai été, jusqu’au dernier moment, persuadé à 90% que nous parviendrions à obtenir cette levée de fonds, sur laquelle j’ai travaillé pendant presque un an, explique-t-il. Alors, ne comptez pas sur moi pour deviner ce qui va se passer.»A l’heure où nous clôturions cette édition, quatre candidats repreneurs «sérieux» étaient en lice: deux sociétés actives sur le même créneau, une société cliente et un investisseur suédois. Compte tenu de la précarité de la situation financière de Jamendo, le verdict ne devrait pas tarder à tomber… 


 
 
 
 
  



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