ARTICLE | Par: Jean-Michel Gaudron | publié le 17.03.2010
Le lancement officiel du Luxembourg Microfinance and Development Fund (LMDF) a mobilisé pas moins de treize représentants jeudi 11 mars, tous assis autour de la grande table ronde de la Direction de la Coopération à l’Hôtel Saint-Augustin. Heureusement, tous ne se sont pas exprimés à propos de cet important développement de la microfinance, un secteur pour le moins rassembleur au Grand-Duché.
C’est bien sûr Marie-Josée Jacobs qui a présenté le fonds qui vise un investissement socialement responsable à long terme (jusqu’à sept ans) dans de petites Institutions de Microfinance (IMF) et contribue ainsi à la diminution de la pauvreté dans les pays en voie de développement (Afrique, Asie et Amérique Latine).
La ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire a insisté sur l’originalité de ce fonds, une initiative publique, qui rassemble aujourd’hui plusieurs partenaires du secteur privé: en tout six banques (Dexia-BIL, BGL BNP Paribas, BCEE, Banque de Luxembourg, Banque Fortuna, CBP) et deux compagnies d’assurance (Foyer, La Luxembourgeoise).
Environ 5,4 millions d’euros ont déjà été souscrits et même 17 millions en y a ajoutant les promesses tant institutionnelles que privées. «Le rapport public-privé de la collecte (effective et promise) est pour l’instant de l’ordre de 60%-40%, mais la part privée a vocation à croître au fur et à mesure des nouveaux placements», a expliqué Marc Elvinger, vice-président du conseil d’administration du fonds. LMDF est distribué auprès des particuliers dans la plupart des banques de détail du Luxembourg au prix actuel de 100 euros la part. Les investisseurs privés, qui souscrivent à la classe C du fonds, sont protégés contre le défaut de paiement d’une IMF à hauteur des fonds déposés par le ministère des Affaires étrangères et l’ONG Ada (Appui au Développement Autonome), les deux acteurs à l’origine du projet, sous forme d’actions dans la classe A. La classe B est réservée aux ministère des Finances et aux établissements financiers.
LMDF est une Sicav partie II (établie conformément à la partie II de la loi du 20 décembre 2002) constituée le 7 octobre 2009 dont l’objectif est d’atteindre 25 millions d’euros. Mais cette cible pourrait très vite être dépassée. «Le fonds sert aux investisseurs un rendement qui préserve leur capital, voire un tout petit peu plus que l’inflation», a précisé Marc Elvinger.
Le dirigeant du fonds est Kaspar Wansleben tandis qu’Axel De Ville, directeur exécutif d’Ada, occupe le siège de président du conseil d’administration. «Voilà une illustration parfaite de ce à quoi nous voulons arriver en termes de partenariat public-privé. En 2000, l’Ada a reçu 800.000 euros pour les prêter à des IMF au profit de micro-entrepreneurs. Dans cinq ans, la Sicav pèsera 25 millions d’euros avec l’aide des banques, qui, au départ, n’auraient pas voulu prendre un tel risque», a-t-il commenté.