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Xavier Guyard et Pascal Rapallino (NPBI) (Photo: Olivier Minaire)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 17.03.2010 0:00

«Nous adorons la broderie fine»


Natixis Private Banking International (NPBI) veut grandir en s’appuyant sur son appartenance à un grand groupe (Banques Populaires Caisses d’Epargne-BPCE) et sur les structures d’ingénierie patrimoniale luxembourgeoises. Entretien avec Xavier Guyard, le nouveau directeur général et Pascal Rapallino, directeur des expertises.
A quand remonte l’implantation de Natixis Private Banking International au Luxembourg?

Xavier Guyard: «L’implantation date de 1989 avec la Banque Populaire Luxembourg. D’une banque spécialisée dans la gestion de crédits internationaux et la gestion privée, nous sommes devenus une banque privée à part entière. Nous avons pris notre nom actuel à la suite de la création de Natixis, issue de la fusion entre Natexis Banque Populaire et Ixis (Groupe Caisse d’Epargne)

Vous ne faites pas beaucoup parler de vous sur la Place. Comment s’explique votre discrétion?

X.G: «Je suis dans le groupe depuis 1975 et à Luxembourg depuis 2002. La discrétion a toujours fait partie de notre culture. A l’étranger, chacun connaît les Banques populaires et les Caisses d’épargne, car ces deux noms représentent des concepts généraux qui existent dans le monde entier. Cela favorise notre communication.

Pouvez-vous décrire vos activités? Quels sont vos effectifs?

X.G: «Natixis Private Banking International emploie une centaine de personnes et gère environ 2,3 milliards d’euros. Nous sommes donc pour l’instant ce que l’on peut appeler une banque de taille moyenne. Mais nous voulons grandir. Comme la fusion des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne est achevée, nous voulons développer une clientèle européenne avec leur appui.

Comment allez-vous vous y prendre?

X.G: «En rebondissant sur la clientèle du groupe. Nous pouvons leur offrir toute la gamme de produits que le Luxembourg a su développer (Sicar, SIF...) et que nous avons su mettre en œuvre depuis maintenant plus de cinq ans.

Quelle clientèle visez-vous?

Pascal Rapallino: «Natixis est la troisième banque des entreprises en France. Les entrepreneurs qui sont clients de réseaux en France ont aussi des activités à l’international ou s’expatrient. Nous pouvons leur proposer les structures adaptées à leurs besoins, en fonction des produits d’ingénierie financière disponibles au Luxembourg. Avant de prétendre gérer leur fortune et leur cash-out (liquidités que reçoit l’entrepreneur lors de la cession totale ou partielle de son entreprise, ndlr), nous leur proposons une offre complète qui passe notamment par l’optimisation fiscale de leur organisation avec des structures de type Soparfi, qui leur permet de remonter leurs dividendes vers un holding luxembourgeois. Nous pouvons aussi les aider à optimiser la gestion de leur trésorerie ou de leur propriété intellectuelle. En fait, nous pouvons servir l’entreprise sur toute la chaîne depuis ses balbutiements jusqu’à sa cession.

Etes-vous également présents dans le secteur des fonds d’investissement?

P.R: «Oui, nous sommes présents sur la majorité des grands axes de développement de la Place, qu’il s’agisse de fonds spécialisés en énergies renouvelables, en philanthropie, en art, de fonds de retournement, qui sont des fonds composés de créances fortement dévalorisées, ou encore dans l’immobilier et depuis six mois sur des projets de fonds islamiques. Concrètement, nous répondons en partenariat avec des cabinets d’avocats aux appels d’offre des clients fortunés internationaux qui souhaitent créer leur propre fonds. Nous sommes sollicités car nous bénéficions d’une image d’expertise et de compétence.

Mais vous n’êtes pas les seuls dans ce cas. Quelle est votre véritable spécificité?

X.G: «Notre taille moyenne nous confère un avantage compétitif, une réactivité qui nous permet de fournir des solutions sur mesure à nos clients. Nous adorons la broderie fine. Nous savons aussi qu’un client de banque privée n’a pas beaucoup de temps devant lui. Les clients de banque privée sont aujourd’hui en attente d’un service et d’un suivi de nature corporate, plus que patrimonial.

Comment gérez-vous les débats actuels sur le secret bancaire. Que dites-vous à vos clients?

P.R: «Vous savez, la gestion de fortune sophistiquée on-shore a pris une place plus importante au Luxembourg qu’en Suisse, grâce à ces outils uniques au monde dont nous avons parlé. Par ailleurs, le Grand-Duché et les banques qui y sont installées obéissent aux lois internationales. Nous pouvons imaginer que le secret bancaire d’ordre fiscal appartiendra bientôt au passé.

Avez-vous réduit vos effectifs récemment?

X.G: «Nous adaptons régulièrement nos effectifs. Comme les autres établissements de la Place, il nous arrive de prendre des mesures classiques et individuelles pour placer les forces de travail là où elles sont nécessaires en fonction des évolutions du métier. La formation permanente et l’échange de postes ne sont pas toujours la bonne solution.

Recrutez-vous?

X.G: «Oui, des commerciaux.»


 
 
 
 
  



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