| Photo: Andrès Lejona |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 26.02.2010 0:00
Allo Betzdorf... on a un problème
Parc d’antennes
C’est à partir d’ici que SES surveille le fonctionnement et la trajectoire de ses satellites de télécommunications grâce à un impressionnant parc d’antennes pointées vers le sud et bien visibles depuis la route. Depuis l’intégration des activités opérationnelles de New Skies en novembre 2006, une vingtaine de satellites sont contrôlés 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’orbite géostationnaire est située à 35.785 km au-dessus de l’équateur, ce qui permet d’assurer une diffusion la plus large possible sur terre. D’autres types de satellites (différents de ceux de SES), comme ceux réservés à l’espionnage, sont placés beaucoup plus bas, à quelques centaines de kilomètres.Seuls les collaborateurs accrédités ont le droit de pénétrer dans le saint des saints, le SOC (Satellite Control Facility ou Centre de Contrôle des Satellites) où les données sont confidentielles. Le personnel est composé d’un manager, de trois analystes, d’un assistant technique, de 18 contrôleurs et de trois coordinateurs. A chaque antenne, son satellite. A chaque satellite, une console de commandes pour assurer la sécurité et la bonne marche des opérations. Les contrôleurs analysent constamment les informations. C’est ce qu’on appelle la télémétrie. Au total, il existe entre 5.000 et 15.000 paramètres par satellite. A chaque fois qu’un paramètre n’est plus dans sa limite prédéfinie, une alarme est déclenchée et le contrôleur doit réagir, selon le principe du SOC: «Toute alarme est ton alarme.»
Forces perturbatrices
En orbite géostationnaire, la période de révolution du satellite correspond exactement à la période de rotation de la terre. Cela permet une réception permanente des signaux de télévision avec les paraboles fixes installées chez Monsieur Tout-le-Monde. Mais des forces perturbatrices, comme l’attraction de la Lune, du Soleil et de la Terre elle-même, les dévient régulièrement et légèrement de leur position orbitale. Et l’erreur de pointage de l’antenne vers le satellite ne doit pas excéder 0,1 degré, valeur correspondant à une empreinte de 70 km sur la surface de la Terre.
Des propulseurs (ou petites fusées), installés à bord peuvent alors être actionnés depuis le SOC pour rectifier la trajectoire sur un axe nord-sud pour le maintien de l’inclinaison ou est-ouest pour le freinage. Mais attention: chaque activation du propulseur consomme du carburant (l’hydrasine) dont la moitié a déjà été utilisée par le satellite lors de sa mise sur orbite. Et si une partie de l’énergie est fournie par des panneaux solaires, il n’est pas possible de refaire le plein pendant la durée de vie du satellite, qui peut varier entre 12 et 25 ans. Lorsqu’il n’y a plus de combustible, c’est la fin. La course est terminée. Le déchet spatial doit être poussé vers une «orbite cimetière». Il existe toutefois des techniques pour économiser l’énergie et donc prolonger la vie de l’engin. En «livrant» sur une orbite plus élevée qu’Ariane, le lanceur russe Proton permet également de repousser la «mort» du satellite.
Sur le site de Betzdorf, trois autres salles de contrôle assurent un suivi de tous les programmes diffusés et veillent à la qualité de la transmission. Des experts y sont présents jour et nuit, prêts à répondre aux demandes des clients (Canal+, Sky...) en cas de problème. Le «Dino» (Digital Network Operations Centre) gère tous les aspects des transmissions numériques pour environ 310 radios numériques et 668 chaînes TV. Une partie seulement est diffusée sur le mur d’image géant que les techniciens ont tout loisir de regarder durant leur journée de travail, avant de rentrer chez eux et de se poster, peut-être, devant leur petit écran.

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