| (Photo: Etienne Delorme) |
Luxembourg, Services | Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 26.02.2010 0:00
Une harmonie à trouver
Entre les différentes composantes de cette Grande Région, il n’en demeure pas moins des frontières physiques et administratives, sources de bien des freins. «Elles sont souvent virtuelles et dans la tête des gens», reconnaît M. Krecké. Un constat qui prévaut aussi côté lorrain. «Nos élus n’ont pas toujours été habitués à regarder vers le Nord et la coopération entre les deux pays n’est pas forcément naturelle, indique Pascal Gauthier, le directeur général de l’Etablissement public foncier de Lorraine (voir aussi l’interview page 36). Pourtant, quand on travaille ensemble, on se rend compte que nos différences ne sont pas aussi grandes.»
Bien évidemment, la position forte du Luxembourg ne peut pas être contestée, même si elle dérange parfois. «Le constat que le Luxembourg constitue un moteur est accepté par tout le monde, estime Didier Mouget, managing partner de PricewaterhouseCoopers Luxembourg. Mais un moteur ne peut pas fonctionner sans les autres composants de la voiture. Ces Journées de l’Economie ont permis de mettre en évidence les complémentarités entre chacun, les opportunités et le potentiel de développement de cette Grande Région.»
Question de pédagogie
Les échanges et débats au cœur de la seconde demi-journée du 11 février dernier, ont, en tous les cas, montré que dans bon nombre de cas, les initiatives économiques à l’échelle de la Grande Région suivaient généralement une logique de «bottom-up», c’est-à-dire qu’elles étaient initiées à partir du terrain, des PME, pour ensuite remonter vers les entreprises les plus importantes. «Le processus est engagé, indique M. Mouget. Les progrès sont tangibles, même s’ils ne sont pas forcément toujours significatifs. Les choses se construisent petit à petit et à un certain moment, l’économie va finir par entraîner le politique. Mais il demeure encore un certain nombre de barrières politiques à traiter pour passer à la vitesse supérieure.»Ces barrières ne sont sans doute pas seulement politiques. Faire évoluer les mentalités, quelles qu’elles soient, est un processus qui, nécessairement, va prendre du temps, sans doute étalé sur plusieurs générations. «Il y a encore un peu de pédagogie à faire valoir des deux côtés, reconnaît le ministre Krecké. On n’a pas encore bien compris que l’on flotte ensemble ou que l’on coule ensemble. Imaginez que nous devions fermer nos frontières en raison d’une pandémie? Ce serait toute notre économie qui serait bloquée. Le Luxembourg est tellement dépendant du restant de la région que nous devons aller au-devant de nos voisins et les faire profiter de tous nos avantages. On le fait au niveau social, mais il ne s’agit pas d’un don qu’on leur fait. C’est tout à fait légitime! Si nous parvenons à faire passer ce message, nous aurons avancé. Ce ne sont pas ceux qui passent la frontière tous les matins qui ont du mal à le comprendre. Ce sont ceux qui restent chez eux.»

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