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Frédéric de Radiguès, Photo: Julien Becker

Par: Marc Vandermeir  |  Publié le 26.02.2010 0:00

Résultats savoureux


L’entreprise familiale connaît une très forte croissance en Wallonie et en Lorraine. Et taille des croupières aux géants du secteur.
Le groupe Brasserie Nationale (brasserie Bofferding et sa filiale Munhowen) vient de présenter des résultats annuels marqués par une forte hausse. Alors que le marché brassicole est en régression de 3%, la hausse de 1% des résultats de Bofferding peut paraître quasi symbolique. Mais il faut décortiquer cette moyenne pour découvrir une tout autre réalité. «Nous avons déjà 55% de parts du marché national, où nous continuons à progresser, mais ce marché a ses limites, explique Frédéric de Radiguès, directeur général. Par contre, il y a un énorme potentiel sur les marchés voisins, en particulier la Lorraine et la Wallonie. Nous avons consacré d’importants efforts et ils ont payé puisque, là, nous obtenons une croissance annuelle de plus de 25% depuis quatre ans, ce qui nous a fait doubler nos volumes sur cette période.» Traduit en résultats financiers 2009, cela donne, pour le groupe, un Ebitda en hausse de 10% à 9,760 millions d’euros et un bénéfice net de 4,140 millions d’euros, à 0%. Pourquoi ce 0%? Tout simplement à cause d’un investissement de 2,7 millions d’euros dans une nouvelle salle de gestion des eaux. Le chiffre d’affaires de Bofferding est de 11,145 millions d’euros (+2,5%) et celui de Munhowen de 60,528 millions d’euros (+4,10%).

Ce succès, le directeur général l’explique notamment par trois axes de travail mis en œuvre. D’abord, la qualité du produit brassé – ce que toutes les brasseries assurent – «mais la qualité entre la cave du cafetier et le verre du client, via la pompe à pression, parce que le consommateur vous juge à chaque verre». D’où une importance capitale accordée aux lignes de débit. Le service, ensuite. «Nous mettons un point d’honneur à disposer d’une équipe un peu surdimensionnée par rapport aux points de vente, mais cela garantit un contact et un accompagnement parfaits.» Enfin, la flexibilité et la mobilité que ne peuvent offrir les grands groupes. Ainsi M. de Radiguès est-il lui-même en visite chez les clients deux à trois jours par mois. «Ajoutez à cela que nous sommes une entreprise familiale non tenue par des reportings trimestriels, c’est-à-dire beaucoup moins tenue par une politique à court terme, mais bien par le long terme».

La question de l’avenir de la concurrente Brasserie de Diekirch, qu’Inbev entend fermer pour la brasser à Jupille, en Belgique, est inévitable. «Avec l’aide du monde politique, nous avons fait une offre très attractive pour Inbev. Mais nous sommes dans l’attente et je suis très pessimiste. Je n’ai jamais vu une marque survivre à la fermeture de la brasserie. Je ne crois pas un instant que le liquide qui sera brassé à Jupille sera encore de la Diekirch, du moins au bout de quelques mois. Ce sera de la Jupiler. Là, je vois une opportunité pour tous les acteurs luxembourgeois de se répartir le volume que prenait la Diekirch.»


 
 
 
 
  



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