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Luc Friede (Ministre des Finances)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 26.02.2010 0:00

Frieden le magicien


Comment rétablir, d’ici à 2014, l’équilibre des finances publiques? Non seulement le ministre des Finances reste évasif, mais il fait en plus disparaître des indices…
L’exercice annuel d’actualisation du programme de stabilité et de croissance, présenté par le ministre des Finances Luc Frieden à la Commission européenne, a forcément, en ce début 2010, un goût particulier, puisqu’il est le premier «post-mesures anti-crise». Depuis la dernière version, élaborée le 6 octobre 2008, «l’évolution de la conjoncture économique a été beaucoup plus défavorable que prévu», ’indique le document présenté le 5 février dernier. Aux prévisions de croissance de 3% du PIB en 2009 s’est substituée une contraction avérée du niveau de production, avec une chute de -3,9% du PIB, alors que le chômage dépasse 6% (au lieu de 4,5% fin 2009), pour une croissance de l’emploi intérieur plus lente que prévue (1,2% au lieu de 2,7%).

Le solde budgétaire s’est détérioré de 1,8 milliard d’euros entre 2007 et 2009. La dette publique, elle, est passée de 2,5 milliards en 2007 (6,6% du PIB) à 5,6 milliards en 2009 (14,9% du PIB). Pour 2010, le déficit public est attendu à plus de 1,5 milliard (3,9% du PIB) avec une dette publique portée à 7,2 milliards (18,3% du PIB). Mais comme dans le même temps, la déclaration gouvernementale du 29 juillet 2009 s’était engagée à «maintenir des finances publiques saines, avec sur le long terme, un solde budgétaire excédentaire et un faible taux d’endettement public», on devine le casse-tête dans le contexte de baisse de la croissance et de l’emploi et de la stabilisation d’un taux de chômage élevé…Le rétablissement de l’équilibre des finances publiques à l’horizon 2014 reste pourtant la priorité du gouvernement, lequel se base sur un effort d’assainissement annuel «d’au moins 0,5 % du PIB en termes structurels», le tout conjugué à «des réformes structurelles destinées à soutenir la viabilité à long terme des finances publiques.» Oui mais encore? «La réalisation de cet objectif implique un effort budgétaire de l’ordre de 300 à 500 millions d’euros par an au cours de la période 2011-2014, pour arriver à un effort cumulé annuel en 2014 avoisinant 1.600 millions». Oui mais encore? Les détails du document s’arrêtent là. Rendez-vous à la Tripartite pour la suite du feuilleton…

Le problème est qu’un tableau détaillant les efforts à réaliser par les trois composantes du système public (Administration centrale, communes et Sécurité sociale), présenté en commission parlementaire, a étrangement disparu de la version finalement présentée à Bruxelles. Un tour de passe-passe révélé par Le Jeudi qui passe d’autant moins que le chiffre attribué à la Sécurité sociale à l’horizon 2014 (entre 1.100 et 1.250 millions d’excédent) ne correspond en rien aux estimations de 900 millions faites par Mars di Bartolomeo, le ministre concerné.

Pas plus que ne «passe» la volonté d’arriver à l’équilibre pour les communes à cette même échéance, qui n’a été pas débattue avec le Syvicol (Syndicat des villes et communes luxembourgeoises). A la grogne à peu près unanime sur ces questions sensibles, Luc Frieden n’avait pas apporté de précisions particulières à l’heure où nous clôturions cette édition…


 
 
 
 
  



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