Par: Jean-Marc Streit | Publié le 26.02.2010 0:00
«Un mal pour un bien»
Self-made man
C’est pierre après pierre que Vincent Balzano a construit sa carrière. Au travers de missions d’intérim dans le domaine de la construction, il se fait remarquer par l’agence de travail temporaire mosellane qui l’emploie alors. Après trois ans dans cette petite structure, il rejoint Adia Intérim à Thionville en tant que commercial de terrain. «Ils voulaient un commercial qui n’a pas peur de chausser des bottes et porter le casque», se souvient-il. En 1994, il passe la frontière et intègre d’abord Somatt Intérim (trois ans) puis Rowlands (quatre ans) où il développe ses connaissances du monde tertiaire. En rejoignant ensuite Creyf’s Intérim, il goûte à la direction commerciale pendant deux ans avant de se lancer dans l’aventure d’une nouvelle entreprise en participant à la création d’Acore Consulting en 2003, dont il prendra les rênes en mars 2007.
Un écrémage salutaire
«Ce qui se produit aujourd’hui est un mal pour un bien, constate tout de go Vincent Balzano. Pendant des années, on a travaillé dans l’urgence au détriment de la qualité.» Le milieu du recrutement pensait seulement «one shot» au détriment du moyen et du long terme et surtout de l’humain. «On était dans le business instantané», déplore le directeur d’Acore. Dans ce contexte, beaucoup de nouveaux acteurs ont voulu prendre part à la curée et notamment certaines sociétés étrangères qui œuvraient depuis leur lointain bastion sans aucune connaissance du marché local. «Je pense que les sociétés de recrutement sérieuses ressortiront plus fortes de l’actuelle crise qui touche en première ligne notre secteur», analyse M. Balzano avec optimisme.
Partenariat et parrainage
Aujourd’hui, si la crise fait encore parler d’elle, le secteur entrevoit le bout du tunnel. «Il faudra alors gommer le traumatisme tant au niveau des acteurs du recrutement, qui ont souffert du manque d’activité, qu’au niveau des candidats qui s’accrochent à leur emploi de peur de le perdre et donc n’osent plus bouger.» Le métier va également rentrer dans une phase de mutation profonde où les acteurs ne se contenteront plus de faire du recrutement, mais développeront un réel partenariat RH avec leur clientèle. Ce partenariat s’ouvre d’ores et déjà vers une plus grande humanisation: «Nos clients demandent non plus simplement un recrutement, mais un suivi du candidat bien après sa signature.» Les acteurs RH s’inscrivent de plus en plus comme parrain pour le nouvel embauché et comme partenaire pour l’entreprise cliente à laquelle il faut pouvoir apporter de nouveaux outils.
Rugby et cigares
Vincent Balzano ne s’est jamais posé la question d’une carrière dans un autre secteur. Il vit pleinement dans ce monde dans lequel il s’est construit petit à petit. Mais si le relationnel est une pierre angulaire de sa personnalité, comme de son métier, il reconnaît avoir besoin de se retrouver au travers de ses deux fils et de sa compagne, de leurs regards critiques, et de ses deux passions: le rugby et les cigares. Il y retrouve son sens du combat, de l’observation et sa curiosité qui lui apportent ce petit plus qui a su faire la différence.

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