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Françoise Hetto - Gaasch (Ministre de l'égalité des Chances),
(Photo: David Laurent/Wide)

Par: Frédérique Moser  |  Publié le 26.02.2010 0:00

Les disparités ont la vie dure


Le gouvernement vient d’adopter son deuxième Plan d’action national (PAN) pour l’Egalité, qui ne prévoit pas de mesures contraignantes au niveau économique.
C’est en 2006 que le Luxembourg s’est doté de son premier Plan d’action national (PAN) Egalité, qui a introduit un arsenal de mesures favorisant les politiques d’égalité des chances à tous les niveaux de la vie sociale. Malgré les efforts enregistrés, des inégalités flagrantes persistent, notamment dans le monde du travail. Ainsi, l’inégalité de salaire entre les femmes et les hommes persiste, en dépit de la loi de 1974 qui jette les bases réglementaires de l’égalité de rémunération. Dans la comparaison européenne, le Luxembourg se situe à la 13e place des 27 Etats membres de l’Union européenne. L’écart de salaire horaire moyen brut entre les femmes et les hommes y varie de 3% à 25%. Au Luxembourg, il est de 14%.La réduction de cet écart figure donc en bonne place dans le nouveau PAN Egalité que le gouvernement vient d’adopter et qui couvre la période 2009-2014. Le ministère de l’Egalité des Chances entend mettre gratuitement à la disposition des entreprises de plus de 50 salariés, un outil d’auto-évaluation des structures de salaires (Logib) et prévoit également d’étendre au secteur public son programme d’actions positives, pour l’instant limité aux entreprises volontaires.

Par ailleurs, le gouvernement veut procéder à «une ventilation par sexe des données clés de l’emploi, afin de mieux analyser l’impact de la crise sur les femmes et les hommes et faciliter la prise de mesures pour contrecarrer les effets négatifs à l’égard de l’un ou l’autre sexe». Bien que les autorités annoncent vouloir «inciter les entreprises à une obligation de résultats» pour atteindre la stricte égalité de traitement, le PAN ne comprend pas de mesure coercitive.

Or, de l’avis de certains députés, comme Viviane Loschetter (Déi Gréng) ou Lydie Err (LSAP), le seul moyen de faire changer les pratiques est de devenir contraignant, en mettant en place un

système de sanctions pour les entreprises «fautives». Une idée à laquelle les ministres Nicolas Schmit (Travail et Emploi) et Françoise Hetto-Gaasch (Egalité des Chances) ne se déclarent pas totalement hostiles, a priori. Reste à trouver la bonne méthode pour dépister les contrevenantes et convaincre les dirigeants de mieux s’impliquer dans les politiques en faveur de l’égalité. Car les obstacles demeurent nombreux: absence de volonté de travailler sur cette question (seules deux entreprises se sont déclarées intéressées par l’outil Logib), manque de transparence sur les salaires, difficultés pour obtenir des chiffres comparables (en raison des avantages extra-légaux, bonus, etc.)…

Pour Nicolas Schmit, deux pistes méritent d’être explorées: accroître les moyens d’action des délégués à l’égalité, dans les entreprises; et créer au sein de l’Inspection du Travail et des Mines, un service dédié aux enquêtes sur les inégalités salariales.


 
 
 
 
  



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