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Philippe Guex, l’ambassadeur de Suisse au Luxembourg
(Photo: Olivier Minaire/archive)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 23.07.2010 0:00

Suisse-Luxembourg: la concurrence pourrait s’aiguiser


Le rapport économique 2009 de l’ambassade de Suisse au Grand-Duché estime que les deux places financières sont à la fois partenaires et concurrentes.

Rien de tel qu’un œil extérieur pour y voir plus clair sur l’état de l’économie et de la place financière luxembourgeoises. Le rapport économique Luxembourg 2009 de l’ambassade de Suisse au Luxembourg est, en ce sens, riche d’enseignements.

Au paragraphe, «intérêt pour la place financière suisse, potentiel de développement», il est indiqué que : «le Luxembourg et la Suisse sont deux places financières à la fois partenaires et concurrentes. Dans l’industrie des fonds d’investissement, elles sont clairement partenaires, car complémentaires.»

Clientèle haut de gamme

Jusque là, pas trop de surprise. Sur le plan du private banking, en revanche, l’ambassade de Suisse estime que la concurrence pourrait s’aiguiser à l’avenir, faisant valoir que le Luxembourg veut également se positionner sur une clientèle haut de gamme. Moins de 300 milliards d’euros sont aujourd’hui gérés au Grand-Duché, contre cinq fois plus en Suisse.

Et d’ajouter: «Mais c’est sur le segment à fort potentiel de la gestion internationale des fonds de pension (prévoyance vieillesse) que la concurrence pourrait un jour être vive. Le Luxembourg est dans les starting-blocks en vue du décollage de la gestion transfrontalière des fonds de pension.» Ses principaux concurrents: Dublin et... la Suisse.

Tirer profit de la situation

Le document présente également l’appartenance du Grand-Duché à l’Union européenne comme un atout:

«A l’heure de la crise financière et de la recomposition du paysage bancaire et financier, le Luxembourg, avec son appartenance à l’Union européenne, pourrait tirer profit de la situation, au détriment de la Suisse, aussi bien dans la gestion de patrimoine (banque privée) que dans la tendance actuelle à l’onshoring des hedge funds.»

Le projet de directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers), qui devrait être voté en septembre en séance plénière du Parlement européen, pourrait être un moteur de cette re-domiciliation.

Au chapitre traitant du tourisme, on apprend également que la nouvelle génération luxembourgeoise est «de plus en plus encline à s’écarter des destinations traditionnelles de leurs parents (France, Suisse, Autriche), en faveur de lieux plus exotiques».

L’ambassade rappelle pourtant que la Suisse est considérée depuis des décennies, comme un lieu de villégiature d’excellence pour les Luxembourgeois, surtout pour les sports d’hiver.

«La promotion touristique suisse sur place (salon Vakanz, sélection d’agences de voyage), couplée à une campagne médiatique plus offensive, devrait pouvoir atténuer cette tendance», recommande le rapport.


 
 
 
 
  



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