| Serge Allegrezza a cosigné l’étude du Statec qui semble se poser en arbitre des débats. (Photo: Olivier Minaire/archive) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 19.08.2010 0:00
Index: beaucoup de bruit pour rien?
Alors que syndicats d’un côté, gouvernement et entreprises de l’autre, campent sur leurs positions sur la question de l’index, le Statec semble se poser en arbitre avant la Tripartite de la rentrée.
Selon l’office statistique, qui s’est penché sur la question pour la période 2003-2010, les différentes modulations possibles du mécanisme d’indexation automatique des salaires produiraient des effets «limités».
Différences faibles
«A l’exception de quelques combinaisons pouvant être considérées comme extrêmes, les résultats des simulations, qui portent sur une période riche en épisodes de forte et de faible inflation, montrent que les différences entre la multitude des modulations sont assez faibles, que ce soit en termes de tranches payées (augmentation de 2,5% du salaire brut, ndlr), de décalage de la date de paiement ou de réduction du salaire par rapport à la situation réglementaire en vigueur», explique le Statec dans son étude d'une vingtaine des pages.
«Ces résultats, qui rejoignent ceux de la BCL (Banque Centrale de Luxembourg), devraient être de nature à calmer les joutes survoltées qui enflamment actuellement le monde politique et professionnel», poursuivent les trois auteurs Serge Allegrezza (le directeur de l’institution), Jérôme Hury et Claude Lamboray.
Les différents types de modulation examinés par le Statec sont:
-Le changement de la composition du panier de référence
-La neutralisation de certaines hausses de prix ou de taxes
-La modification de la formule de lissage de séries
-L’introduction d’un décalage temporel entre l’échéance d’une tranche indiciaire et son application aux salaires
-L’introduction d’un délai minimum entre deux tranches
-La suspension temporaire du mécanisme
-La fixation discrétionnaire des dates de paiement des tranches
-Le plafonnement du système par l’introduction d’une tranche indiciaire maximale
Changement du panier
En examinant l’impact d’un changement de la composition du panier de référence, option proposée par le gouvernement lors des négociations tripartites du printemps, le Statec note par exemple que l’exclusion des carburants fait retarder les tranches indiciaires en moyenne de 1,5 mois. «Dans ce scénario, un salaire indexé est en moyenne inférieur de 0,3% à un salaire indexé à l’aide d’un mécanisme non modulé», soulignent les chercheurs.
«Finalement, c’est le scénario excluant aussi bien les produits pétroliers que les boissons alcoolisées et le tabac qui diffère le plus du scénario de base. Le retard moyen d’une tranche se situe à 5,5 mois et la réduction de la masse salariale se chiffre à -0,9%», poursuivent-ils.
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