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E & Y préconise une concentration des fonds
(Photo: E & Y Luxembourg)

Par: Pierre Sorlut  |  Publié le 02.09.2010 0:00

E & Y lève le voile sur les fonds islamiques


Y) Luxembourg rappelle à ses clients et potentiels clients l’intérêt que revêt ce marché pour la place financière luxembourgeoise dans son ensemble.

On a fait dire à André Malraux que le 21e siècle serait religieux ou ne serait pas. C’est en tout cas ce qu’auraient aimé croire, ce jeudi 2 septembre à Munsbach, les participants à la conférence de présentation du rapport 2010 d’Ernst and Young sur les fonds et investissements islamiques (IFIR).

Potentiel de croissance

Après avoir rappelé la tendance mondiale à la stagnation relative de l’industrie des fonds islamiques au cours de l’année, telle qu’évoquée dans ledit rapport, Pierre Weimerskirch, partner E&Y Luxembourg, a recentré les discussions sur le rôle que pouvaient jouer les acteurs financiers de la place luxembourgeoise. Les fonds islamiques ont un potentiel de croissance non-négligeable puisqu’ils ne représenteraient que 5,5% des actifs «sharia’s sensitive» sous gestion dans le monde.

Pour les intervenants MM. Zakaria et Weimerskirsch, repenser les stratégies de captation des fonds permettrait au Luxembourg de gagner des parts de marché de domiciliation de fonds islamiques réglementés, évaluées aujourd’hui à 1,5% en valeur et 6,3% en nombre de fonds.

Les chiffres traduisent une taille modeste des fonds domiciliés au Luxembourg, ne leur permettant pas d’atteindre le seuil de rentabilité, fixé par le rapport entre 80 et 100 millions de dollars. Préconiser une concentration des fonds tracerait donc la voie à une pérennité des fonds sur le long terme. Mais pas seulement.

Les coauteurs encouragent également les gestionnaires de fonds à faire preuve de plus de flexibilité par rapport au marché, mais aussi face aux attentes des investisseurs qui demandent des produits sur mesure, des meilleurs retours sur investissement et des risques moindres. Pas une mince affaire donc.

Un marché à ne pas manquer

Nonobstant, dans un contexte généralisé de défiance vis-à-vis des placements à risque, le Luxembourg pourrait bénéficier d’un retour vers le onshore. C’est en tout cas ce que veulent laisser penser les conférenciers qui opposent la détresse de certaines banques bahreïnies et dubaïotes à la stabilité et à la transparence prônées par les véhicules luxembourgeois. On se convainc: «Les investisseurs savent dorénavant que le Luxembourg existe.» Pour Mark Smyth, directeur exécutif d’Amanie Islamic Finance Consultancy and Education, «le Luxembourg a beaucoup à offrir dans la vocation de la finance islamique à devenir de plus en plus globale».

En tant que leader européen de la gestion de fonds islamiques, le Luxembourg ne peut s’offrir le luxe de manquer le train. Bien que ne pesant pas lourd par rapport à la totalité des actifs sous gestion au Luxembourg (0,02% des 2.000 milliards d’euros recensés par la CSSF), cette niche fait figure de marchepied vers des marchés dynamiques peu exploités (Malaisie et Arabie Saoudite notamment) où les intermédiaires financiers pourraient s’adonner au cross-selling. La BCL atteste d’ailleurs d’une certaine prise de conscience de l’enjeu en s’impliquant résolument dans l’IFSB (Islamic Financial Services Board rejoint en novembre 2009) avec l’organisation d’un sommet au Grand-Duché en mai 2011.


 
 
 
 
  



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