| «Nous n’avons pas du tout changé notre politique envers les entreprises.» Rik Vandenberghe (ING Luxembourg) |
| (Photo: Olivier Minaire) |
Place financière | Par: Marc Vandermeir | Publié le 03.12.2010 6:00
«Devenir une référence»
«Le Luxembourg est pour ING un pays-clé où nous voulons être une banque de référence, passer de ‘key challenger’ à ‘key player’ dans tous nos métiers, comme c’est le cas en Belgique et aux Pays-Bas.» En quelques mots prononcés d’emblée, Rik Vandenberghe, CEO d’ING Luxembourg, souligne les objectifs que sa banque s’est assignés, alors qu’elle passe le cap de ses 50 années de présence au Grand-Duché.
Un demi-siècle depuis sa création, en 1960, par des Américains, sous le nom de Crédit Européen, avec une activité concentrée sur les prêts personnels et les comptes d’épargne pour les solder. La première agence du pays fut ouverte en 1961 rue Glesener.
En 1980, c’est ce même Crédit Européen qui introduisit la carte Visa au Grand-Duché. «C’était une grande nouveauté qui a connu un énorme succès et donné beaucoup de visibilité à la banque, rappelle M. Vandenberghe. Dix ans plus tard, d’ailleurs, le Luxembourg était le cinquième pays européen eu égard au nombre de cartes Visa par rapport à la population. Cette carte reste pour nous un produit phare, auquel nous apportons régulièrement des améliorations.»
C’est en 1997 que la banque a commencé à virer à l’orange, en deux étapes: le rachat du Crédit Européen par la Banque Bruxelles-Lambert (BBL), puis, dans la même année, l’absorption de la BBL par le groupe néerlandais ING, qui était alors surtout un groupe d’assurances, mais qui s’adjugeait ainsi le savoir-faire bancaire par lequel il voulait se développer. Il faut néanmoins attendre 2003 pour que la fusion se réalise tout à fait au Luxembourg, sous la marque ING Luxembourg.
Une marque boostée en 2006, lorsque la banque est devenue sponsor principal du marathon de la ville, face la plus visible d’une démarche sociétale qui se décline également en d’autres points peut-être moins «médiatiques», encore que. Ces deux dernières années, ING a planché sur un projet d’égalité des chances pour lequel il a été récemment récompensé par un prix décerné par le ministère de l’Egalité des Chances.
Frustration
L’heure n’est plus nécessairement à se retourner sur les 50 années écoulées. L’avenir est déjà en marche. «Depuis le début de cette année 2010, nous avons mis en place toute une vision à l’horizon 2015», confirme M. Vandenberghe. Et si le Benelux représente, pour le groupe, son premier marché, le Luxembourg y occupe une place déterminante. «D’où notre volonté de devenir une banque de référence de la Place. La banque que quiconque ayant un projet se doit d’aller voir.»
Le CEO admet toutefois que cette position n’est pas encore acquise, avec des parts de marché à développer dans certains domaines comme auprès des professionnels et des entreprises locales, où ING Luxembourg revendique 12%, contre 30% en Belgique ou aux Pays-Bas. C’est pourquoi la banque engage des commerciaux dédiés à cette activité «entreprises», mais aussi au private banking pour lequel un desk luxembourgeois a d’ailleurs été créé en 2008.
Du reste, Rik Vandenberghe réfute les reproches généralement adressés au secteur bancaire, notamment de la part des entrepreneurs qui se plaignent, depuis le début de la crise, de la frilosité des banques pour les soutenir dans leurs projets. «On me dit cela souvent, en effet. En toute honnêteté, j’en suis très frustré.»
Fort de quatre ans d’expérience à la tête de la banque au Luxembourg, et d’une dizaine d’années, auparavant, en tant que responsable de la région bruxelloise, en particulier pour les entreprises, son constat est clair: «Je peux vous garantir que nous n’avons pas du tout changé notre politique envers les entreprises, au contraire.»
Et d’expliquer que la volonté de développer cette activité est très ferme et qu’il l’explique à tous les milieux d’affaires. «Qu’on vienne nous voir, que l’on puisse montrer que nous désirons travailler avec les entreprises et faire plus de crédits en leur faveur.» Le CEO se refuse au passage à tout commentaire sur les autres banques – «très sincèrement, je ne sais pas ce qu’elles font» – en soulignant que, pour lui, ce qui compte, c’est d’avancer, de se regarder soi-même et pas ce que font les autres. «Ça, je ne veux même pas le savoir. Nous devons avoir notre propre vision et la suivre.»

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