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Diego De Biasio
(Photo : Olivier Minaire)

Luxembourg  |  Par: Jean-Marc Streit  |  Publié le 14.12.2011 21:00

De la stratégie à la gestion


Sortir d’un incubateur ne se fait pas sans un minimum de remise en question de la gestion même de l’entreprise. De nouvelles compétences sont alors parfois demandées.

En moyenne, le Technoport à Esch-sur-Alzette, en sa qualité d’incubateur d’entreprises œuvrant dans le domaine de la technologie et de l’innovation, ouvre ses portes, annuellement, à quatre ou cinq jeunes sociétés. Les porteurs de projets ont généralement entre 33 et 40 ans, présentent un profil technique, et, éventuellement, quelques compétences managériales, « mais très rarement dans le domaine de la gestion d’entreprise », rajoute Diego De Biasio, chargé de direction du Technoport.

Travaillant dans un contexte de ressources limitées, tant financièrement qu’humainement, ils s’occupent de la gestion complète de leur entreprise. « Il est important, dans ces conditions, qu’ils acquièrent les bons réflexes en termes de gestion du temps et des priorités », insiste-t-il. Une gestion rigoureuse est en effet primordiale pour se consacrer, à la fois, à la finalisation des produits ou services, au positionnement des produits sur le marché, ainsi qu’à la définition du business model sans oublier la gestion quotidienne de leur société.

Nécessité fait loi

Tout ceci ne se fait pas sans heurts : malgré une sélection à l’entrée rigoureuse, des échecs sont à déplorer. « Sur les 56 jeunes entreprises que nous avons hébergées, 19 ont mis la clé sous la porte alors qu’elles étaient encore sous notre coupe. Sur le plan international, ce ratio est comparable à d’autres incubateurs », constate Diego De Biasio. Les autres jeunes entreprises quittent le Technoport après, en moyenne, quatre ans d’activité.
À leur sortie, elles se définissent généralement par une croissance conséquente, qui va orienter leurs futurs choix stratégiques hors incubateur. « Plus généralement, on peut scinder les sociétés qui quittent nos infrastructures en trois catégories : celles dont le capital reste inchangé, celles qui, au contraire, ouvrent leur capital et, enfin, celles dont l’activité s’oriente vers l’international », développe M. De Biasio.

Les premières, qui ont vu leur effectif croître à petite échelle (de 5 à 8 personnes), continuent généralement de fonctionner comme elles le faisaient auparavant. Les deuxièmes, ayant levé des fonds pour leur investissement, rentrent par ce biais dans une phase de croissance rapide. Qu’il faut apprendre à gérer, en déléguant, en renforçant les ressources humaines, ainsi que par une réflexion approfondie du business model, de la stratégie d’internationalisation et de la gestion des actionnaires. « En outre, lorsqu’elles lèvent des fonds, ces sociétés doivent prendre conscience qu’il y a une contrainte temporelle à respecter quant aux résultats. Une bonne gestion du temps est donc indispensable », rajoute-t-il.

Les compétences à acquérir pour les sociétés de la troisième catégorie sont similaires. Le portefeuille clients étant élargi, elles doivent gérer le développement de leur produit dans un marché plus étendu tout en poursuivant leur quête de nouveaux marchés. « Elles doivent cependant réaliser leurs objectifs dans un cadre plus étroit, car elles disposent d’une enveloppe financière bien moins importante », conclut Diego De Biasio. 

 

Express - Diego De Biasio

  • 35 ans

  • Chargé de direction du Technoport Schlassgoart – CRP Henri Tudor depuis 2001

 
 
 
 
  



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