| Le centre d’études public a emménagé dans le carré Dexia à Belval, en attendant de rejoindre la Maison des Sciences humaines. |
| (Photo: Etienne Delorme/archive) |
Services | Par: Alain Ducat | Publié le 08.02.2012 21:32
Le Ceps serre la vis budgétaire
Le Centre d'études de populations, de pauvreté et de politiques socio-économiques / International network for studies in technology, environment, alternatives, development (Ceps/Instead) n’occupe guère l’espace médiatique. Longtemps à Differdange, depuis avril dernier à Esch-Belval, sur le site RBC Dexia, en attendant son intégration à la Maison des Sciences humaines, c’est une entreprise de plus de 130 personnes, où couvent aujourd’hui quelques tensions. « Il y a des sujets de préoccupation », dit-on à la tutelle, le ministère de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
L’établissement de recherche public emploie des spécialistes en économie, sociologie, géographie ou sciences politiques, auxquels s’ajoutent une équipe administrative ainsi qu’un personnel de support scientifique et technique. « Avec l’encadrement des étudiants en master, nous sommes presque 150 », calcule le directeur du Ceps, Pierre Hausman.
Licenciements contestés
Mais les temps sont durs et la restructuration est en marche. Trois personnes ont été récemment licenciées. L’OGBL s’émeut notamment du côté cavalier, évoquant surtout ce chercheur se retrouvant badge désactivé et serrure du bureau changée. « Nos délégués du personnel suivent ça de très près, avec nos conseils », explique Danièle Nieles, du SEW (syndicat éducation et sciences, branche de l’OGBL). « Nous avons demandé à la direction qu’elle expose ses motifs et ses critères de choix. On nous parle de restructuration… Mais les entreprises sérieuses expliquent les raisons qui font qu’elles se séparent de telle ou telle personne. »
Le SEW se plaint du manque de visibilité. « Dans les centres de recherche publics, il n’y a pas de comité mixte. Nous revendiquons d’ailleurs que la réforme voulue par le ministre instaure une représentation du personnel au conseil d’administration. »
D’autres éléments inquiètent le personnel, auquel la rigueur budgétaire semble imposer des mesures, mais ce n’est pas la tutelle ministérielle qui les a dictées.
« On allait droit dans le mur »
Les commissaires du gouvernement suivent l’affaire. Ils auront les derniers éléments en direct, via la représentation du ministère au conseil d’administration. Il doit se réunir ce jeudi, avec notamment à l’ordre du jour le correctif de plans de carrière et une nouvelle grille des salaires.
Au ministère, on insiste sur la grande autonomie dont disposent les centres publics. « La tutelle ministérielle n’assure pas la gestion courante. Il y a un contrat de performance, qui court sur la période 2011-2013. La dotation de l’État est globale. Une évaluation est effectuée à l’issue des trois années. » Autrement dit, le point sera fait fin 2013 mais il ne paraît pas logique d’avoir des soucis budgétaires au milieu du gué.
Car l’exercice 2012 a été très difficile à équilibrer. « Initialement, on avait presque un million d’euros à trouver. On allait droit dans le mur », explique le directeur Pierre Hausman. « Un centre de recherches ne peut pas vivre à crédit ! Il fallait prendre des mesures structurelles et c’est la mission que m’ont confiée les administrateurs. Finalement, le budget, à l’équilibre, a été voté en décembre dernier, avec toutes les mesures l’accompagnant. »
Des postes, pas des personnes
Pour la direction, les soucis viennent notamment de pertes ou de non-renouvellement de contrats de recherche. Alors que le souffle de la crise atteignait le Ceps, il a dû déménager à Belval, « où le loyer est quatre fois plus élevé », précise Pierre Hausman. Tout cela a contribué à épuiser les réserves constituées.
Restait surtout à endiguer les effets salariaux sur le long terme. « Notre trésor est dans nos compétences, poursuit le directeur. J’ai participé à la création du centre il y a 30 ans. J’y tiens et je tiens à ceux qui en sont l’avenir. Mais il fallait que chacun y mette du sien. » Le personnel a donc été informé d’une refonte salariale, avec suspension d’annuités et de 13e mois.
Et des licenciements ont suivi. « Trois, sur plus de 130. On a supprimé des postes, pas des personnes. On a pesé tous les critères et nous avons fait les choses dans les règles, se défend le directeur. Nous sommes d’ailleurs très bien conseillés sur le plan juridique. »
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