Monsieur Rapallino, qu’attendez-vous de cette deuxième édition de la conférence Horizon ? De quel horizon parle-t-on ?
« C’est la deuxième édition de cette conférence annuelle que nous réalisons avec Thomson Reuters, avec qui nous sommes très complémentaires. Le succès avait été au rendez-vous en 2011. Et nous attendons plus de 300 personnes cette année, des personnalités de la Place dans les domaines juridiques, des fonds d’investissement, des banques. Le ministre des Finances Luc Frieden sera également présent. Nous essayons de nous placer dans une optique de long terme, à un horizon 2020. Il faut prendre de la hauteur par rapport à quelques événements récents, parler de projets de développement, voir quels sont les atouts de la Place.
Le family office peut-il devenir un nouveau pilier de la place financière, lui donner un second souffle ?
« Un nouveau souffle pour la Place ? Non. La Place a la chance d’exercer des activités pluridisciplinaires (banque dépositaire, banque privée...). Le family office, qui propose une vision plus ‘transgénérationnelle’ que la gestion de fortune traditionnelle, sera un vecteur supplémentaire de développement. L’activité globale de family office est une activité de chef d’orchestre et de relationnel. Le Luxembourg a toutes les chances de devenir pionnier sur ce métier, en particulier si le Parlement vote la loi sur la règlementation du métier. Seul le gouvernement a vraiment la main sur le calendrier, mais nous pensons que ce nouveau cadre législatif devrait voir le jour en 2012. L’idée générale est de renforcer la crédibilité de cette activité, avec un supervision et un agrément PSF (Professionnels du Secteur Financier).
Quelles difficultés rencontrez-vous actuellement ? Notamment dans le contexte où les pratiques d’optimisation fiscale sont dénoncées dans la presse étrangère…
« Au Luxembourg, le métier de family office devra s’exercer à une échelle internationale, et non domestique, comme c’est le cas dans d’autres pays. Pour disposer d’un nombre suffisant de clients très fortunés, il faut aller au-delà des frontières, même si le terroir luxembourgeois existe bien. Ce n’est pas un problème, simplement un business model différent. Néanmoins, la réglementation prévue va mettre le Luxembourg sur le devant de la scène et offrir une résonnance particulière. Par ailleurs, tous les outils juridiques et fiscaux sont disponibles au Luxembourg pour la structuration de patrimoine, ainsi que l’ensemble des professions concernées.
À propos de fiscalité, le discours du Luxembourg est très clair. Nous travaillons sur du ‘on-shore (déclaré au fisc, ndlr.) sophistiqué’, des structurations transnationales. Nous disposons de toutes les structures pour le faire. C’est notamment le cas du FIS (Fonds d’Investissement Spécialisé) qui permet de regrouper l’intégralité des biens et d'offrir une grande souplesse. C’est pour cela que les gens viennent au Luxembourg. Le thème de l’évasion fiscale fait vendre des journaux, c’est tout. Par ailleurs, les règles anti-blanchiment du Luxembourg sont parmi les plus sévères d’Europe. »
