Pour résoudre la crise de la dette, il faut accélérer l’intégration de l’Union européenne. Voilà la solution mise en avant par l’Allemagne, à quelques jours du très attendu Conseil européen des 28 et 29 juin. « Une faute de construction a été commise lors de la création de la monnaie unique : la politique économique et financière des pays européens n’est pas suffisamment coordonnée », déclare ce vendredi Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande dans une interview au Figaro. « Lorsqu’il s’agit d’Europe, chacun doit surmonter ses réflexes nationaux », ajoute-t-il.
Le Luxembourg, un des six pays fondateurs de l’Union européenne, se méfie néanmoins de cette approche. Le petit pays entend bien continuer de faire jouer sa différence face à ses grands voisins. Si aucune tête ne dépasse dans les rangs européens, comment se prévaloir de ses avantages et niches habilement mis en place pour attirer les multinationales sur son sol ?
Lors de son discours à la conférence Horizon de Deloitte, le ministre des Finances Luc Frieden a redit cette semaine son opposition aux projets de taxe sur les transactions financières et d’union bancaire européenne, qui représentent autant de menaces potentielles pour la souveraineté fiscale et réglementaire du Luxembourg, garante du dynamisme économique du pays.
Intérêts particuliers
Mais à la veille de leur fête nationale, les Luxembourgeois peuvent tout de même dormir tranquilles. Car la logique des beaux discours européens diverge encore largement des intérêts économiques particuliers.
Les propos tenus cette semaine par David Cameron à Los Cabos au Mexique dans le cadre du G20 l’ont rappelé avec force. Le Premier ministre britannique s’est dit prêt à « dérouler le tapis rouge » pour les entreprises françaises qui fuiraient l’impôt dans leur pays et en particulier le nouveau taux de 75 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. « Cela paiera nos services publics, nos écoles, etc. », a-t-il ajouté.
Luc Frieden n’a d’ailleurs pas tardé à s’engouffrer dans cette brèche devant les 300 financiers réunis à la Philharmonie, en faisant référence aux propos de Cameron. « Nous souhaitons dérouler le tapis rouge à toutes les entreprises internationales », en conclusion d’un discours optimiste sur l’avenir de la place financière.
La concurrence fiscale et la compétition entre États ont encore de beaux jours devant elles. Et l’intégration européenne n’est pas pour demain.
