| «On y est!» Le recteur Rolf Tarrach se réjouit. |
| (Photo: Julien Becker/archives) |
Luxembourg | Par: Sébastien Lambotte | Publié le 27.09.2011 9:48
L'Université met un pied à Belval
«On y est. L’Université a pris pied à Belval», a introduit Rolf Tarrach, recteur de l’Université du Luxembourg, visiblement réjoui, lors de l’inauguration de la Maison de la biomédecine ce lundi après-midi. Il faut dire qu’il est attendu de longue date, ce déménagement de l’Université à Belval. Toutefois, l’installation d’un premier département de recherche dans ce quartier d’Esch-sur-Alzette, qui se développe sur les friches de l’Arbed, n’est que la première étape d’un processus qui va encore durer quelques années. Mais, ce lundi, recteur, chercheurs, bourgmestre d’Esch et ministres aux diverses casquettes étaient à la fête. La Cité des Sciences devient réalité.
La Maison de la biomédecine accueille le Luxembourg Centre for Systems Biomedecine (LCSB). Dirigé depuis sa création en 2009 par le professeur-docteur Rudi Bailing, il jouit dès à présent d’un des laboratoires les plus modernes de la Grande Région. «Le fait que le premier bâtiment de l’Université à Belval soit dédié à la recherche est pour nous symbolique. Il traduit notre volonté de développer plus encore le caractère expérimental de notre institution, a précisé Rolf Tarrach. Ainsi que celle qu’à l’Université de contribuer à la transformation d’une économie nationale basée sur la finance en une autre s’appuyant à la fois sur la finance et la recherche.»
Un moteur pour la recherche
Les ministres présents, comme la député-bourgmestre Lydia Mutsch, n’ont pas manqué de rappeler les ambitions qu’ils nourrissent autour de la Cité des sciences. «L’Université, en s’appuyant sur les sciences et la recherche, va jouer un rôle essentiel dans le redéploiement économique de toute une région», a assuré Mme Mutsch. Les autres élus et membres du gouvernement sont eux persuadés que l’institution, dans ses nouvelles installations et à travers les synergies qu’elle pourra développer avec les centres de recherche publics ou encore la BioBank, sera à même d’attirer de nouvelles entreprises au Luxembourg, comme elle favorisera le développement de spin-off.
A ce niveau, l’incubateur d’entreprises tout proche a toute sa raison d’être. Le ministre François Biltgen a lui insisté sur le rôle crucial de la recherche fondamentale dans ce redéploiement économique, rappelant que 156 millions d’euros devaient être investis entre 2009 et 2014 dans ce projet dédié à la biomédecine. «Multidisciplinaire, ce département montre la diversité du monde de la recherche et de l’innovation. Et la recherche fondamentale est la première couche sur laquelle il faut compter pour, demain, trouver et développer de nouvelles applications utiles pour la santé», a expliqué le ministre de l’Enseignement supérieur.
Cinquante salariés
Aujourd’hui, LCSB compte une cinquantaine de salariés. On note que la construction du bâtiment avait déjà été planifiée avant que le centre ne soit effectivement développé. Cependant, son architecture flexible et les nombreuses adaptations possibles, jusqu’au cœur des phases de construction, en font un outil de choix pour les chercheurs qui s’y sont installés. Lumineux, agréable, fonctionnel, le bâtiment s’est élevé à l’ombre des hauts fourneaux, à l’architecture bien différente. Qu’on ne s’y méprenne pas. «Derrière l’apparente simplicité, la réalisation d’un bâtiment à même d’accueillir un laboratoire de pointe est complexe», a assuré Claude Wiseler, ministre des Infrastructures. Le chantier a été mené en un temps record. Il aura fallu deux années pour que ce bâtiment, qui précède la Maison du savoir, la Maison du nombre ou encore la bibliothèque universitaire, prenne corps.
La Maison de la biomédecine, en tant que nouvel outil qui fera partie intégrante de la Cité des sciences, doit permettre d’«accélérer la biomédecine», comme le suggère le slogan affiché dans le hall d’accueil. Les équipes du professeur Rudi Bailing sont en tout cas déjà au travail. «Nous avons choisi de nous concentrer sur les maladies neurodégénératives, comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson, avec l’ambition de répondre aux problèmes d’une population vieillissante, explique-t-il. Parce que c’est un réel challenge, autant pour la population que pour la recherche.»

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