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Vito Cassone ( Economist Club)
(Photo: David Laurent/Wide)

Luxembourg  |  Par: Pierre Sorlut  |  Publié le 17.09.2010 0:00

Plus qu’un club


Vito Cassone, président de l’association depuis mai, ambitionne d’accroître le nombre d’adhésions et, à mots couverts, d’orienter les politiques publiques.

L’Economist Club (ECL) dans l’antichambre de la décision politique? Si Vito Cassone définit avant tout l’association qu’il préside comme une enceinte de réflexion, les professions de ses membres laissent envisager une connivence potentielle entre décideurs économiques et pouvoir politique. En effet, chefs d’entreprise et dirigeants de banques y côtoient régulièrement des députés membres du club. La coutume veut même que le rapporteur du projet de loi sur le budget présente le rapport de la commission y afférente lors de la réunion statutaire du mois de décembre.
Vito Cassone ne renie pas cette collaboration de fait, «relais entre les idées et les décisions». Elle naît de la convergence des élites luxembourgeoises au sein de réseaux sociaux, interconnectés et en nombre limité. Il souligne néanmoins leur vocation première de think tank dans lequel le politique pourrait puiser quelque inspiration: «Le gouvernement est très attentif aux propositions d’associations comme la nôtre.»

Ces propositions alors, quelles sont-elles? Avant tout, l’ECL n’est pas un parti politique doté d’une doctrine. Il constitue un espace de dialogue entre économistes (ou assimilés) et entrepreneurs. L’économie réelle y est étudiée au moyen de grilles conceptuelles permettant, selon son site Internet (www.economist.club), de «porter un regard plus rigoureux, mieux informé et argumenté». Les discussions et les analyses de leurs membres ne représentent que des pistes à explorer.

En tête de ces suggestions figure la nécessité de réaliser  des réformes structurelles redoublant la compétitivité des entreprises luxembourgeoises. Pour ce faire, les méthodes pourraient ne pas être du goût de tous: «Le gouvernement devrait prendre des décisions courageuses et revenir sur l’indexation.» Selon le président de l’ECL, des salaires trop élevés nuiraient à l’économie du Grand-Duché tout entière, car ils «induisent des pensions faramineuses payées avec zéro de réserves». Les motifs d’inquiétude ne manquent donc pas. Une solution s’impose à ses yeux: «Nous devons jouer la carte de la compétitivité dans le domaine de la connaissance et en pariant sur l’intérêt fiscal. Venir produire au Luxembourg ne doit pas coûter plus cher que de produire ailleurs.» Voilà qui est clair.

Tout un programme

Il faut dorénavant que le message soit capté. Le successeur de Daniel Lanners souhaite résolument faire de la visibilité du club son cheval de bataille. A cet égard, il a offert à son site Internet une nouvelle mouture. Il a relocalisé son siège à la Maison de la finance, auprès de l’ABBL. Enfin, il compte étendre son cercle d’influence et faire passer le nombre d’adhésions de 250 à 300 au cours de son mandat (une année reconductible). A cette fin, Vito Cassone peut s’appuyer sur un conseil d’administration élargi de 8 à 11 membres et dorénavant tricéphale puisqu’il est désormais assisté par deux vice-présidents, Patrizia Luchetta et Daniel Becker. Tous ont bâti un calendrier ambitieux réunissant un parterre d’invités issus de secteurs d’activité variés afin «d’aborder tous les pans de l’économie luxembourgeoise», mais aussi d’attirer de nouveaux membres, dûment parrainés, cela va de soi.
Au programme se succéderont ainsi, entre septembre 2010 et avril 2011, Marc Niederkorn, Claude Meisch, Nicolas Decker, Alex Bodry, Françoise Folmer, Eliane Fuchs, Philippe Maystadt, Darren Robinson et Laurent Cooreman pour aborder respectivement les fusions d’entreprises, des propositions pour sortir le Luxembourg de la crise, la propriété intellectuelle, le budget de l’Etat, les entreprises dirigées par des femmes, la BEI, le marché de l’emploi puis celui de l’immobilier.

Né Adusec en 1963, l’Economist Club, ainsi baptisé en 1998, peut afficher une image moderne et transparente, affranchie du cliché de réunion d’universitaires aux costumes de velours sentant la naphtaline.
 


 
 
 
 
  



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