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Serge Allegrezza (Statec)
(Photo: Julien Becker)

Luxembourg  |  Par: Marc Vandermeir  |  Publié le 19.11.2010 6:00

Pour une prise de conscience


Le colloque «Luxembourg 2020», qui se tiendra début décembre, constitue un moment-clé pour réfléchir aux transformations sociétales inéluctables. Eclairage avec Serge Allegrezza, un des responsables de cette manifestation.

«Comme dans toute entreprise intellectuelle, les résultats ne seront pas applicables tels quels mais à plus long terme, en apportant un éclairage, une prise de conscience et une meilleure compréhension des problèmes et enjeux, pour progresser ensemble.» Serge Allegrezza, directeur du Statec et de l’Observatoire de la compétitivité, résume par ces quelques mots l’objectif de la conférence «Luxembourg 2020» qu’il co-organise avec le CRP Henri Tudor et qui se tiendra les 7, 8 et 9 décembre au Kirchberg.

«Cet éclairage, nous sommes les seuls à le faire de façon neutre et équilibrée, en posant les vraies questions sur des choix de société que le politique devra trancher.» Au terme de cette conférence, un document sera rédigé à l’intention du gouvernement pour qu’il puisse en tenir compte dans la préparation de sa politique budgétaire et du plan visant le plein emploi dans le cadre du programme «Europe 2020». «Ce document sera évalué par les instances communautaires. On dépasse ainsi le débat pour passer à un acte de politique publique», prévient M. Allegrezza.

Cette conférence s’inscrit dans la continuité des précédentes, organisées tous les deux ans depuis 2004, sous le label «En route vers Lisbonne», en référence à la stratégie du même nom. L’avènement de l’euro ayant, en son temps, amorcé la transition d’une Union économique vers une Union monétaire, un nouveau type de politique économique était devenu indispensable au niveau communautaire.

«Nous avons en Europe un système original mais compliqué, avec un niveau national et un niveau fédéral, mais sur des sujets très disparates, constate M. Allegrezza. La politique monétaire est établie au niveau fédéral, alors que les politiques budgétaires, dites structurelles, les politiques de l’emploi ou sociales le sont à l’échelle nationale. Pour mettre tout cela ensemble, il fallait une stratégie.»

Interactivité

Initiée au Portugal, cette «Stratégie de Lisbonne» a, néanmoins, dérivé de son objectif premier avant de s’enliser, en dépit d’une tentative de rationalisation amorcée en 2005, sous présidence luxembourgeoise de l’Union européenne. Tout et n’importe quoi se retrouvait alors sous ce «chapeau» de Lisbonne, sans lésiner sur les contradictions et sans, non plus, se donner les moyens des ambitions affichées. «Cela a continué jusqu’en 2010, moment où on a arrêté d’en parler, ce qui est un drame», déplore le directeur du Statec.

Entre-temps, au Luxembourg, a néanmoins été créé l’Observatoire de la compétitivité qui, aujourd’hui, permet de mettre en place la coordination requise par la nouvelle stratégie européenne mise en place sous le label «Europe 2020». Outre la volonté de mesurer la compétitivité, l’institution se plaçait dans la philosophie même de Lisbonne, laquelle exprimait les grands principes du modèle social européen.

Dans le même temps, un programme d’étude et de recherche appliquée a été lancé, impliquant l’Observatoire, le Statec et le CRP Henri Tudor, sur les questions de productivité, d’innovation et des technologies de l’information et de la communication. «Cela ne peut marcher que si les politiques, les partenaires sociaux et la communauté scientifique agissent ensemble et donnent vie à ce modèle social luxembourgeois compétitif», indique M. Allegrezza.

D’où l’organisation de ces conférences, permettant de rassembler la communauté des chercheurs qui travaillent aussi sur la cohésion sociale, l’emploi, l’environnement… «Dans les rapports pour l’innovation et le plein emploi, que les Etats doivent remettre tous les ans, chacun y affirme ses objectifs pour ces politiques-là. Les conférences sont un moyen de donner vie à tout cela.»

La formule est cette année quelque peu différente, l’accent étant mis sur l’interactif. Mais la crise s’est invitée, «et imposera sa trajectoire encore quelques années», souligne Serge Allegrezza, qui y voit «l’opportunité de discuter des transformations sociétales indispensables. Il faut réfléchir aux évolutions nécessaires, dans l’esprit du modèle social européen qui s’occupe aussi des ‘perdants’.»

 

Infos et inscriptions: www.tudor.lu/lu2020


 
 
 
 
  



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