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Gilles Dusemon (Arendt & Medernach)
Gilles Dusemon (Arendt & Medernach) : « Le droit doit évoluer pour répondre aux attentes des investisseurs. »
(Photo : David Laurent/wide/archives)

Place financière  |  Par: Sébastien Lambotte  |  Publié le 13.12.2011 9:53

Private equity : être plus qu’un back office


Les opportunités pour que la place luxembourgeoise devienne un centre important dans l’industrie du private equity sont nombreuses. À chacun, désormais, à son niveau, de faire des efforts pour convaincre les investisseurs et les gestionnaires d’actifs d’utiliser des véhicules luxembourgeois.

L’industrie du private equity était au cœur de la table ronde proposée par Savoirs Partagés, ce lundi, organisée en partenariat avec paperJam. Autour de la thématique « Être plus qu’un back office du capital investissement », trois invités de choix sont revenus sur les enjeux et les opportunités qu’a le Luxembourg pour le développement d’une industrie de pointe en la matière. « Jusqu’à présent, en matière de private equity, la place luxembourgeois ne travaille principalement que sur une partie de la chaîne de valeur. Elle est avant tout une plate-forme utilisée pour mettre en place des structures d’acquisition, a introduit Gilles Dusemon, partner au sein du cabinet Arendt & Medernach. C’est la raison pour laquelle on parle souvent de back office en la matière. »

Un des enjeux poursuivis par la Place, toutefois, est bien de pouvoir attirer quelques acteurs importants, des fonds rassemblant des investisseurs et des gestionnaires d’actifs, pour rassembler à Luxembourg les deux parties essentielles de la structuration internationale en matière de private equity.

En attendant AIFM

« C’est essentiel pour le Luxembourg, confirme Simon Henin, managing director d’IPES Luxembourg, services provider dans le domaine de l’administration des fonds. Si la Place a su prouver son expertise en matière d’Ucits, dans l’industrie du private equity, elle est perçue comme une structure intermédiaire d’investissement, et non pas comme un centre important pour la gestion des fonds. Il importe aujourd’hui d’attirer plus de fonds en vue de faire venir ici, dans un second temps, des asset managers. »

Des opportunités existent en la matière, comme la directive AIFM, qui devra prochainement être transposée dans le droit national des différents pays. « Au législateur luxembourgeois d’implémenter, comme il sait le faire, cette directive de manière intelligente, assure Olivier Jordant, partner chez Ernst & Young. Le Luxembourg dispose d’avantages au niveau de cette directive, dans la mesure où la fonction de banques dépositaires existe déjà ici, et que des régulations en la matière sont en place. » Le Luxembourg est donc à même de profiter d’opportunités.

On y croit à l’extérieur

À l’extérieur, dans les pays voisins au Grand-Duché, plus que sur la Place même, estiment certains, beaucoup pensent que le Luxembourg sera à même d’attirer du business de manière significative. « De nombreux acteurs pensent que nous sommes capables de répliquer ce que nous avons fait avec les fonds Ucits », assure Gilles Dusemon. Reste à la Place à s’y préparer. « Je ne sais pas si la Place est prête, mais on constate un réel intérêt, à l’extérieur, pour venir au Luxembourg, poursuit Olivier Jordant. On nous consulte régulièrement. Des projets pour que des fonds viennent s’installer au Luxembourg existent. »

De nombreux efforts, cependant, doivent encore être réalisés, au niveau légal, réglementaire et fiscal. Pour attirer les fonds puis les gestionnaires d’actifs, un des chantiers importants réside dans la création de structures adaptées, comme le limited partnership, très connues des anglo-saxons. « Le droit doit évoluer pour répondre aux attentes des investisseurs, assure Gilles Dusemon. Au législateur d'utiliser à bon escient sa capacité à mettre en place le cadre idéal pour la création de produits. » De la même manière, même si l’exercice est difficile, pour attirer des gestionnaires, l’État doit travailler à l’élaboration d’une fiscalité optimale mais équilibrée.

Des moteurs en marche

Les services disponibles au Luxembourg, pour soutenir l’industrie du private equity, sont aussi importants. « Il appartient au service provider de pouvoir proposer des services spécifiques, spécialisés dans le domaine du private equity », assure Simon Henin. « À ce niveau, il nous faut jouer la carte de la qualité, précise Olivier Jordant. Pour attirer des fonds et des gestionnaires, il nous faut être les meilleurs. Avoir un niveau moyen de qualité de service supérieur aux autres places. » Cet objectif exige de pouvoir attirer des compétences au Luxembourg, l’enjeu au niveau des ressources humaines est conséquent.

Des associations comme l’Alfi, la Luxembourg Private Equity Association, ou encore le Haut Comité de la Place Financière, constituent autant de moteurs dans le développement de cette industrie au Luxembourg. « La Place travaille effectivement à se donner les moyens de réussir », assure Simon Henin. « La capacité et le pragmatisme qu’a le Luxembourg à s’adapter, dans ce contexte, peuvent faire la différence », commente Olivier Jordant.


 
 
 
 
  



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