| Robert Weber a décidé aujourd’hui de démissionner de son mandat de président. |
| (Photo: Luc Deflorenne/archives) |
Luxembourg | Par: Alain Ducat | Publié le 03.10.2011 14:15
Robert Weber démissionne du LCGB
Le communiqué est tombé juste après 14 heures, ce lundi. «Compte tenu de la situation actuelle ainsi que dans un strict souci de préserver les intérêts de l’organisation syndicale pour laquelle il a œuvré pendant plus de 34 ans, Robert Weber a décidé aujourd’hui de démissionner de son mandat de président national du LCGB.
Au cours des semaines et mois à venir, Robert Weber se consacrera prioritairement à la restructuration nécessaire de l’asbl ProActif afin de préserver un outil indispensable pour la lutte contre le chômage, et les salariés concernés.
Conformément aux statuts du LCGB, l’intérim sera assuré par le secrétaire général Patrick Dury en collaboration avec les deux vice-présidents Nico Hoffmann et Georges Conter.»
Le LCGB précise qu’il s’exprimera plus en détails, face à la presse, ce mardi, lors de sa rentrée syndicale, à son siège central de Luxembourg.
Cacophonie
C’est une note grave et exceptionnelle, qui résonne dans ce qui ressemblait de plus en plus à une cacophonie.
Car le LCGB est secoué de vents contraires depuis quelques semaines: difficultés financières et réorganisation interne, accompagnées de la «mise en congé» très médiatisée de deux figures du syndicat, les députés CSV Ali Kaes et Marc Spautz ; réactions en sens divers autour du cumul de mandats de Robert Weber, également député CSV et candidat à la mairie de Roeser ; affaire de l’asbl parasyndicale ProActif, également présidée par Robert Weber, et dont un audit révèle de lourds dysfonctionnements comptables; premières informations sur d'autres audits commandés, pour vérifier d'autres associations parasyndicales émanant du LCGB (Forum pour l'Emploi, OPE)…
La pression devenait forte sur les épaules, pourtant robustes, du numéro un du LCGB. Qui a donc décidé de se mettre entre parenthèses, «dans l’intérêt de l’organisation syndicale»…
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La saga avait en effet connu un pic, fin de la semaine dernière, avec la révélation de cet audit, commandé par le ministre du Travail Nicolas Schmit. ProActif a besoin d’une «restructuration rapide», a notamment commenté le ministre, face aux « irrégularités comptables» constatées. «Si l’asbl était une société privée, elle serait déjà en faillite», avait-il ajouté. Détail piquant: alors que le ministre parlait de revoir les questions salariales obérant les comptes de l'association (l'asbl compte quelque 650 personnes, dont environ 400 demandeurs d'emploi en réinsertion professionnelle), ProActif publiait, samedi, dans la presse, une annonce de recrutement pour remplacer une responsable du service socio-éducatif...
Robert Weber souhaite donc s’attaquer à cette restructuration prioritaire. Ce faisant, il endosse de facto la responsabilité de l’affaire. Il avait pourtant minimisé la portée des manquements constatés, qualifiées d’ «erreurs d’appréciation administrative.»
Le directeur-général de ProActif, Romain Schmit, était allé plus loin, désavouant son président et reconnaissant des «frais et recettes artificiellement gonflés». Durant le week-end écoulé, plusieurs médias ont annoncé que Romain Schmit avait été suspendu de ses fonctions.
Ce lundi en tout cas, le directeur général de ProActif n’était pas à son poste. Et aucune réaction n’émanait non plus de la communication du syndicat. Jusqu’à ce communiqué…
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