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Luxembourg  |  Par: Sébastien Lambotte  |  Publié le 19.11.2010 6:00

Un trio performant


Les fondateurs d’Hydroconcept, de Jacob & Weis et de MyGarden visent la récompense suprême décernée pour la première fois par la Chambre des Métiers.

Trois entrepreneurs sont en lice pour l’obtention du premier Prix Créateur d’entreprise dans l’artisanat. Lancé par la Chambre des Métiers, en collaboration avec le Fonds Soroptimist Luxembourg, ce prix vise à encourager celles et ceux qui se sont lancés dans la création ou la reprise d’une entreprise artisanale et dont l’activité se distingue par le succès financier ou commercial, l’innovation, l’originalité ou la création d’emplois.

C’est sur base de ces critères que le jury a retenu trois entreprises et leurs créateurs: Francis Mohr (Hydroconcept), Josiane Jacob (Jacob & Weis) et Ulrich Kraft (MyGarden). Le gagnant du concours sera récompensé par un prix d’une valeur de 5.000 euros. Son nom sera dévoilé dans le cadre des Journées Création et Développement d’entreprises 2010, le 26 novembre à la Chambre des Métiers.

Hydroconcept: gestion RH douce

La société Hydroconcept, créée en 2005 par Francis Mohr et son épouse, est active dans le traitement des eaux. «Notre cheval de bataille, ce sont les piscines publiques, explique M. Mohr, administrateur délégué de l’entreprise. Mais notre activité inclut aussi la mise en œuvre de systèmes de traitement de l’eau potable et des eaux usées. Nous répondons à des besoins spécifiques au niveau des réservoirs d’eau, des réseaux incendie, des châteaux d’eau, des systèmes d’adoucissement de l’eau pour des complexes hospitaliers, des fontaines, des stations de relevage, de pompage ou encore d’épuration.»
Ingénieur en génie climatique et énergétique, Francis Mohr a acquis une solide expérience depuis 1993 au sein d’entreprises privées spécialisées dans le traitement des eaux. C’est en tant que chargé d’affaires dans une société luxembourgeoise qu’il a développé, à travers plusieurs chantiers, un savoir-faire dans le développement de systèmes de gestion de l’eau pour les piscines publiques. «Aujourd’hui, notre activité s’oriente avant tout vers le secteur public, l’Administration des Bâtiments Publics, les communes ou les organismes semi-publics, comme les syndicats des eaux. Un des facteurs qui nous ont décidés à lancer notre propre société et à créer Hydroconcept, était que mon dernier employeur a préféré se concentrer sur une clientèle privée.»
Outre sa connaissance du milieu et du métier, d’autres facteurs ont motivé le chef d’entreprise. On citera le fait que le marché est d’une technicité spécifique ou encore qu’il a pu bénéficier des compétences administratives et juridiques de son épouse pour créer l’entreprise. Autre facteur encourageant, en 2005, l’Etat luxembourgeois avait annoncé un investissement de 800 millions d’euros dans le traitement des eaux jusqu’en 2015.
Depuis 2005, l’effectif d’Hydroconcept a plus que triplé. Ils étaient trois au lancement de la société: Francis Mohr et deux salariés qui sont restés fidèles et qui ont su évoluer vers des postes clés. Ils sont treize en 2010. Le chiffre d’affaires a lui aussi suivi une courbe ascendante: de 1,17 million d’euros en 2006, il est passé à 1,89 million en 2009 (+60%).

Ses atouts? Hydroconcept les situe au niveau de sa gestion du personnel. «Nous avons défini une politique interne basée sur la confiance et l’esprit d’équipe, assure Francis Mohr. L’entreprise est gérée de manière socialement responsable. Cela, notamment, à travers des aménagements de temps de travail, en prenant en compte les contraintes de la vie familiale et professionnelle de chacun des collaborateurs. Nous tentons, dans la mesure du possible, de concilier ces deux aspects au mieux. Nous avons également embauché un retraité, ancien chef d’entreprise, à raison de huit heures par semaine. Puisqu’il était également très actif dans le traitement de l’eau durant sa carrière, il nous fait bénéficier de ses compétences techniques et de management.»

Pour cette petite entreprise, qui nécessite des compétences dans tous les domaines sans pour autant garantir des temps de travail complets pour tous, cette gestion douce des ressources humaines et le recours à des temps partiels permettent un management plus serein de l’entreprise, améliorant le bien-être de chacun au travail.

Jacob & Weis: une famille de charpentiers

Josiane Jacob, son frère cadet Josi Jacob et leur cousin Tom Weis ont constitué leur entreprise fin de l’année 2006. Jacob & Weis est active dans le secteur du bois. «Notre activité principale est la conception et l’installation de charpentes, explique Josiane Jacob. Mais, en amont, nous prenons à notre compte les activités de découpe du bois et de scierie ainsi que la fabrication de maisons à ossature en bois. Nous faisons aussi, par exemple, des travaux d’isolation, des façades en bois... Nous pouvons aussi proposer toute une série de travaux sur mesure.»

Leur savoir-faire, Josiane, Josi et Tom l’ont acquis dans l’entreprise familiale. Ce sont leurs aïeuls, deux frères, qui ont fondé l’activité en 1975 et qui l’ont développée jusqu’à leur retraite. «Nous travaillions au cœur de leur entreprise, commente Mme Jacob. Mon cousin et moi-même avons progressivement pris des postes à responsabilité. Puis mon frère cadet a voulu nous rejoindre. Alors qu’il fallait penser à la transmission, nous avons décidé de créer une nouvelle structure, Jacob & Weis, qui a pu reprendre les activités de Jacob ­Frères en février 2007.»

Avec l’expérience acquise au fil des années sous le regard attentif de M. Jacob, les trois nouveaux associés étaient bien préparés pour reprendre le flambeau. Aujourd’hui, Jacob & Weis emploie 41 personnes. Ils étaient 37 au moment de la reprise. «Nous voulons préserver le caractère familial de l’entreprise. Grandir nous forcerait à travailler autrement. Or, c’est cette structure, avec son caractère familial, qui plaît à nos clients», poursuit Josiane Jacob.

Au bout de quatre ans d’activité à leur nom, les trois associés peuvent dresser un bilan positif, ne serait-ce que par le succès de la reprise de l’entreprise familiale et le maintien des emplois. Mais aussi parce qu’ils ont su investir pour développer une entreprise de charpente bien dans son époque. «Nous faisons un métier traditionnel avec des méthodes modernes. En quelques années, nous nous sommes dotés d’un outillage qui nous permet d’être plus performants et d’assurer une sécurité optimale pour chacun dans son travail, commente l’administratrice. Nous faisons notre métier avec passion, en misant sur la qualité et le service au client tout en maintenant des prix corrects.»

Leur candidature pour ce prix, Josiane Jacob dit l’avoir introduite par curiosité, pour voir où cela aboutirait et parce que les trois associés sont fiers de ce qu’ils font. «Reprendre cette entreprise, cela nous paraissait normal. Nous évoluons depuis longtemps à l’intérieur. Dès lors, on ne se rend pas vraiment compte de ce que nous avons réalisé. Que l’on soit reconnu, en tant que nominé, c’est déjà pour nous et l’ensemble de nos employés une immense satisfaction et une source de motivation pour l’avenir», conclut-elle.

MyGarden: l’originalité au service du client

C’est en 2009 qu’Ulrich Kraft a fondé MyGarden, entreprise d’aménagement paysager classique qui met notamment l’accent sur la conception et la restructuration des jardins privés, le développement d’étangs de baignade naturelle, la réalisation de toitures végétales.

L’entrepreneur, titulaire d’une maîtrise en horticulture et aménagement de paysage, a auparavant dirigé plusieurs entreprises actives dans l’aménagement des paysages en Allemagne et au Luxembourg. Le premier chantier de MyGarden, mis en œuvre avec trois anciens employés de la société qu’il dirigeait précédemment, a été le développement du toit du Lycée Technique d’Esch-Lallange. «Là, nous avons notamment mis en place 4.000 m2 de toit planté, explique M. Kraft. Suite à ce chantier, la demande sans cesse croissante pour nos services a rapidement exigé de renforcer nos équipes. Actuellement, MyGarden occupe huit personnes. Pour pouvoir continuer à répondre aux besoins et exigences de nos clients, un nouvel architecte paysagiste a rejoint notre équipe. Depuis, nous pouvons répondre à toutes les demandes, des projets les plus simples aux plus sophistiqués. D’autres embauches sont aussi envisagées.»

Sa nomination au Prix Créateur d’entreprise dans l’artisanat a surpris Ulrich Kraft. Il y voit la confirmation que son entreprise répond à des besoins réels et qu’elle est parvenue à s’établir comme il se doit, dans un temps relativement court, sur le marché luxembourgeois tout en soutenant sa croissance. «Pour rester compétitifs dans un environnement de travail stimulant, nous avons aussi dû nous équiper avec du matériel performant et élargir notre flotte. Aujourd’hui, un outillage à la pointe de la technologie nous permet d’être plus productifs et efficaces», ajoute-t-il.

Mais dans son dossier de candidature, MyGarden présente d’autres atouts. Et notamment l’importance que l’entreprise accorde à la formation et au développement des compétences de ses employés. Autre préoccupation, celle d’être original et innovant. «Le développement d’un jardin, c’est toujours un processus créatif qui part d’une rencontre avec le client. Les exigences et les attentes de ce dernier peuvent évoluer. Les clients attendent que nous fassions preuve d’originalité dans la planification de leur jardin. Dès lors, il faut innover, tester de nouveaux produits, trouver des solutions individuelles», ajoute M. Kraft. Le créateur d’entreprise se veut, par ailleurs, confiant pour l’avenir, persuadé du potentiel de développement pour des produits plus verts, plus naturels, comme des étangs de baignade naturelle ou des toits écologiques.


 
 
 
 
  



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