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Werner Zittel, expert allemand en énergie
Werner Zittel: «Il s’agit aussi de se pencher sur les coûts sociaux de la consommation d’énergie.»
(Photo: Dei Greng)

Luxembourg  |  Par: Alain Ducat  |  Publié le 31.03.2011 7:00

Une vie après le pétrole


Werner Zittel, expert allemand en énergie, parle d’un avenir renouvelable. Il intervient ce jeudi soir à 18h15 à la Chambre des Métiers.

Sur invitation de l’eurodéputé Claude Turmes et du groupe parlementaire Déi Gréng, l’expert en énergie Werner Zittel  est amené ce jeudi soir à évoquer «un avenir sans pétrole».

Le groupe parlementaire vert signale que «le Luxembourg est un des pays les plus dépendants du pétrole. L’épuisement grandissant des ressources en pétrole met donc l’économie et la société luxembourgeoises sous pression».

C’est une vision qui dérive de la théorie du «pic pétrolier». Werner Zittel, célèbre physicien allemand, fait référence en la matière.

Expert reconnu, notamment auprès de l’Union européenne, il est spécialisé dans l’étude de l’épuisement des réserves en combustibles fossiles et dans le potentiel des énergies renouvelables, classiques ou alternatives, comme les piles à hydrogène. Membre fondateur de l’Association pour l’étude du pic pétrolier (ASPO), il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

«Les enjeux sont évidents», explique volontiers le Pr Zittel. «Quel avenir a la société occidentale? A quoi ressemblera l’approvisionnement en énergie dans un futur proche? Quelles perspectives sont apportées par les énergies renouvelables? Comment devront s’adapter l’économie, la mobilité et les systèmes sociaux, les pouvoirs publics? Depuis plus de 20 ans, mon travail essaie de s’attacher à ces questions. Il ne s’agit pas seulement de s’inquiéter du réchauffement climatique, par exemple, ni même des sources d’énergie, il s’agit aussi de se pencher sur les coûts sociaux de la consommation d’énergie, sur les stratégies d’entrée et de sortie, sur les calculs de scénarios.»

Raréfaction, spéculation

Le pic pétrolier ne fait pas l’unanimité? «Le géologue américain Hubbert a défendu la théorie selon laquelle, une fois que la moitié des réserves mondiales de pétrole aura été exploitée, le seuil maximum de la production de pétrole aura été franchi. Dès 1956, il prédisait un franchissement du pic pétrolier américain entre 1965 et 1970. Il a eu lieu effectivement en 1971. Le volume de pétrole exploité aux Etats-Unis est depuis lors en diminution. Avec Energy Watch Group, fondé par quelques parlementaires européens, nous déclarons que le pic pétrolier, c’est maintenant. L’exploitation mondiale du pétrole a selon toute probabilité dépassé son maximum et va continuer à diminuer. D’ici 2030, l’exploitation mondiale pourrait diminuer de moitié. C’est la raison majeure de l’augmentation du prix du pétrole, qui attise convoitises et spéculations.»

Il est donc plus que temps… « Nous avons deux échelles de temps. Les problèmes croissants, d'une part, et le fait qu'il faut aussi du temps pour développer les alternatives, d'autre part. J’espère que notre temps de réponse sera suffisant. Il y a des progrès évidents, même dans les pays du Tiers Monde, dans le domaine des énergies renouvelables. Mais il y a aussi les vieux réflexes qui continuent à exacerber les problèmes. Il faut en tout cas le dire et le répéter, convaincre, notamment nos enfants et nos adolescents, qui sont déjà des consommateurs et qui deviendront des décideurs très vite. Ce sont eux qui ont leur avenir et celui de la planète en mains. Il faut qu’ils sachent qu’ils ont les clés, que les opportunités existent. Dans les années 20, Francis Picabia disait quelque chose du genre: «Notre tête est ronde, ainsi nos pensées peuvent se déplacer dans toutes les directions.» C’est un slogan anti-pensée unique qui permet sans doute d’avancer.


 


 
 
 
 
  



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