ESPRIT D'ENTREPRISE Economie 2.0 + web 2.0 = Relance 2.0 ? logo_print ← Revenir à la version écran logo_send

Par Carlo Schneider, entrepreneur et consultant

Il était une fois un salon discret. Des fauteuils de cuir décorés d’une bibliothèque en bois de chêne massif, dans la quelle on reconnaît facilement l’Encyplopædia Britannica et enrobés de la fumée benoîte de Cohibas. L’escouade est au plein milieu d’une discussion animée – on parle d’affaires, de chiffres, de débouchés. Et on parle français…

Changement de décor: une table de salon avec ordinateur portable sur lequel tourne le logiciel skype. Un trentenaire en jeans et col roulé se vautre sur son canapé, en train de discuter avec son ordinateur sur lequel on voit deux autres jeunes. Ici on parle anglais, les deux à l’écran sont apparemment américains alors que notre protagoniste en jeans parle avec un accent français. Et l’on discute de concret: au bout d’une vingtaine de minutes, les trois sont d’accord sur le principe de développer ensemble un projet.

Bienvenue dans le monde des salons privés, version 2.0. Désormais, ils s’appellent xing, linked-in, asmallworld, cyre club ou qube, avec tous en point commun: leur caractère virtuel. Et s’ils s’adressent à un autre public – plus «Internetphile», certes, mais aussi plus jeune, plus international – et souvent plus directement orienté vers le résultat et ainsi moins bureaucratique. Et certainement très entrepreneurial.

La crise économique actuelle, qui est per se génératrice de créativité et d’idées, favorise le développement d’un nouvelle classe d’entrepreneurs et de busines women & men: celles et ceux qui, par le biais de ces réseaux privés sur Internet, concluent des affaires et qui cherchent à réaliser des projets avec des partenaires répartis aux quatre coins du monde, stimulés par les mêmes motivations et voyant, dans ce contexte conjoncturel difficile, avant tout des opportunités plutôt que des risques.

L‘économie en 2009 est globalisée et elle est virtuelle – plus que jamais.

Le développement du web 2.0 et ainsi des réseaux sociaux est en train de créer une nouvelle classe d’entrepreneurs qui ne connaissent ni les salons privés ni les conventions et les restrictions du monde des affaires d’antan. Ils s’inscrivent dans une logique de continuation de la saga de Sillicon Valley, mais cette fois-ci détachée de toute contrainte géographique ou culturelle.

Désormais, donc, il n’est plus besoin d’être en Californie pour faire des affaires. Ni d’être issu d’une famille influente ou avoir accès aux clubs privés. Ce qui compte, c’est l’esprit d’initiative et d’entreprise, ce sont les idées et projets. On assiste, ainsi, à une certaine démocratisation dans le monde des affaires, où la sélection  se fait désormais avant tout sur base de critères purement entrepreneuriaux et non sociaaux.

Et la crise économique dans tout cela? Je fais le pari que l’année 2009 sera celle des idées nées par des contacts noués par Internet, par des réseaux professionnels, para professionnels et autres social networks.

Il suffit de se rancarder dans ses réseaux virtuels – ou de prendre directement soi-même l’initiative d’approcher d’autres professionnels présents sur ces réseaux: la créativité et l’initiative y sont très présentes, tout comme la volonté de voir dans le contexte actuel une opportunité avant tout.

L’histoire nous le montre: les progrès techniques et économiques, mais aussi la création de nouvelles fortunes trouvent leur fondement dans des périodes de crise. De ce fait, la période actuelle est elle aussi génératrice d’opportunités – et les nouveaux réseaux leur vecteur.

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